{"id":106,"date":"2018-04-22T02:35:00","date_gmt":"2018-04-22T00:35:00","guid":{"rendered":"http:\/\/mateo.mavromatis.org\/?p=106"},"modified":"2021-11-21T16:24:21","modified_gmt":"2021-11-21T15:24:21","slug":"discussion-avec-argyro-chioti-de-vasistas-theatre-entretien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/2018\/04\/22\/discussion-avec-argyro-chioti-de-vasistas-theatre-entretien\/","title":{"rendered":"Discussion avec \u0391\u03c1\u03b3\u03c5\u03c1\u03ce \u03a7\u03b9\u03ce\u03c4\u03b7 de VASISTAS theatre #Entretien"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/image.jpeg\" alt=\"\" \/><\/p>\n\n<p><em>Argyro Chioti est une metteuse en sc\u00e8ne grecque, fondatrice de la compagnie de th\u00e9\u00e2tre Vasistas. Elle \u00e9tait artiste associ\u00e9e des \u00ab Th\u00e9\u00e2tres \u00bb o\u00f9 ont \u00e9t\u00e9 jou\u00e9 toutes ses derni\u00e8res cr\u00e9ations : Domino aux Bernardines en 2013 et \u00e0 la Minoterie en 2014, Sangs (Emata) au Th\u00e9\u00e2tre du Jeu de Paume en 2016, Apologies 4&amp;5 aux Bernardines 2016 et La Divine Com\u00e9die cette ann\u00e9e au Gymnase. Elle monte environ deux spectacles par an depuis 10 ans avec sa compagnie et\/ou en collaboration avec d\u2019autres troupes.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n<p><em>Le th\u00e9\u00e2tre d\u2019Argyro Chioti pourrait \u00eatre qualifi\u00e9 d\u2019holistique, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il met au m\u00eame niveau tous les \u00e9l\u00e9ments sc\u00e9niques : le langage, la musique, le corps et le mouvement, l\u2019image et l\u2019espace.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n<p><em>L'\u00e9quipe artistique de VASISTAS est compos\u00e9e d\u2019Argyro Chioti (cofondatrice de la compagnie et metteuse en sc\u00e8ne), Ariane Labed et Naima Carbajal (cofondatrices de la compagnie), Efthimis Eou, Eleni Vergeti, Antonys Antonopoulos, Georgina Chriskioti, Evdoxia Androulidaki.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n<p><em>Puisant ses textes dans le monde du conte, du mythe, de la litt\u00e9rature, de la science, mais aussi du th\u00e9\u00e2tre, la recherche de VASISTAS se d\u00e9veloppe avec une pr\u00e9cision clinique autour de la forme d'une chor\u00e9graphie polyphonique. Elle renoue avec le mod\u00e8le \u00e9pique de Brecht d\u2019un th\u00e9\u00e2tre chorale ou singulier, dialogu\u00e9 ou narratif, interpr\u00e8te ou t\u00e9moin.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"LA DIVINE COM\u00c9DIE | VASISTAS | Trailer\" width=\"600\" height=\"338\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/iMcWZOQIE2Y?start=3&feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n<p><strong><em>Mat\u00e9o Mavromatis :<\/em><\/strong><em> J\u2019ai lu que la d\u00e9marche de votre compagnie th\u00e9\u00e2trale VASISTAS \u00ab s\u2019inscrit dans une logique de recherche continue en dialogue constant avec notre pr\u00e9sent \u00bb. Vous avez autant travaill\u00e9 sur des auteurs grecques contemporains (notamment le po\u00e8te Efthimis Filippou dans Apologies 4&amp;5 et Emata), que des auteurs tr\u00e8s classiques (Dante dans votre dernier spectacle et aujourd\u2019hui Eshylle). Dans votre dernier spectacle, vous m\u00ealez Dante \u00e0 Edgar Lee Master. De la m\u00eame mani\u00e8re, la notion de choeur, proche de celle de l\u2019antiquit\u00e9, est importante dans votre travail, mais vous l\u2019armez de guitares \u00e9lectriques dans Emata. Est-ce ce rapport (cette r\u00e9sonance) entre pass\u00e9 et pr\u00e9sent qui vous guide dans vos choix ?&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n<p>Bien s\u00fbr, c\u2019est tr\u00e8s important. Ma vision du th\u00e9\u00e2tre, dans tout les spectacles que j\u2019ai faits avec la compagnie jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent ont \u00e0 voir avec \u00e7a. Et c\u2019est un constat que j\u2019ai fait apr\u00e8s avoir cr\u00e9\u00e9 un spectacle, et le suivant, et le suivant. Donc apr\u00e8s avoir cr\u00e9\u00e9 une douzaine de spectacles. Maintenant je peux dire qu\u2019a chaque fois, ce qui m\u2019importe c\u2019est :&nbsp; le Moi et le Nous. Donc moi et comment j\u2019existe dans une soci\u00e9t\u00e9, dans un collectif, dans un tout. Moi et les autres. Cette dualit\u00e9 qu\u2019on trouve, je pense, dans chaque spectacle qu\u2019on a fait jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. Et c\u2019est l\u00e0 o\u00f9 moi je vois se poser la question du politique. C\u2019est-\u00e0-dire par un aspect purement existentiel. C\u2019est \u00e7a qui m\u2019int\u00e9resse et c\u2019est pour \u00e7a que je pense que par exemple tous les spectacles sont presque atemporels. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019on ne se situe presque jamais dans un temps vraiment tr\u00e8s pr\u00e9sent : l\u00e0, de notre temps. Ou autre : une \u00e9poque tr\u00e8s pr\u00e9cise, une p\u00e9riode tr\u00e8s pr\u00e9cise. Il y a parfois quelques r\u00e9f\u00e9rences qui viennent du texte comme par exemple dans Emata ou c\u2019\u00e9tait vraiment des lettres \u00e9crites pendant 10 ans entre les ann\u00e9es 80 et 90. Mais tout le reste : les d\u00e9cors qu\u2019on cr\u00e9e, les costumes, m\u00eame la narration. M\u00eame que l\u2019on travaille avec des textes contemporains ou des classiques. Ils prennent une dimension atemporelle, universelle. J\u2019ai besoin de toucher \u00e0 quelque chose de plus profond de l\u2019homme. De questionner sa fa\u00e7on d\u2019\u00eatre, sa fa\u00e7on d\u2019exister dans notre soci\u00e9t\u00e9, de construire ou de constituer ce qu\u2019on appelle une identit\u00e9. Qu\u2019est-ce que \u00e7a veut dire avoir une identit\u00e9 dans ce monde ? Comment tu te situes par rapport au monde qui t\u2019entoure ? Comment on vit ? Comment on voit le monde ? La perception de l\u2019ensemble c\u2019est \u00e7a qui est important pour moi et pas du tout la partie anecdotique de l\u2019aspect politique. C\u2019est-\u00e0-dire que par exemple tout le th\u00e9\u00e2tre documentaire ne m\u2019int\u00e9resse pas parce que je ne pense pas que restant dans le m\u00eame questionnement qu\u2019on as tout les jours par tous les billets de notre vie donc la presse, la radio, les discussions \u2013 je ne pense pas que le th\u00e9\u00e2tre, l\u2019art en g\u00e9n\u00e9ral, peut se permettre de perdre son aspect\u2026 pas m\u00e9taphysique, mais disons qui d\u00e9passe le pr\u00e9sent, une transcendance. Le th\u00e9\u00e2tre doit questionner mon rapport au monde et toucher \u00e0 une transcendance. Donc par rapport aux pass\u00e9es, au pr\u00e9sent et \u00e0 la question du coeur, oui forc\u00e9ment il faut lier le tout. Je pense qu\u2019il faut revenir en arri\u00e8re, je le vois souvent \u00e7a, j\u2019ai besoin souvent de \u00e7a, d\u2019arriver a faire une chute en arri\u00e8re dans le pass\u00e9, pour tisser les fils qui nous lie avec ce pass\u00e9e pour pouvoir voir plus clairement notre pr\u00e9sent et vers o\u00f9, vers qu\u2019elle voie on avance. C\u2019est oblig\u00e9. Alors les choeur et l\u2019ensemble tel qu\u2019on le trouve dans les trag\u00e9dies grecques par exemple ou tel qu\u2019on le voit maintenant, pour moi, c\u2019est la m\u00eame chose : \u00e7a peut tout \u00eatre, on ne sait pas vraiment, on n\u2019a pas d\u2019indice sur comment on repr\u00e9sentait le choeur dans une trag\u00e9die grecque par exemple. Donc oui c\u2019\u00e9tait souvent des citoyens, donc des \u00eatres actifs \u00e0 travers lesquels on mettait chaque action, chaque \u00e9v\u00e9nement en question ou en jugement. C\u2019est eux qui \u00e9taient les promoteurs de l\u2019action. Selon moi c\u2019est comme un miroir ou les \u00eatres peuvent se regarder et avancer selon leurs images, l\u2019image qui leur est renvoy\u00e9e. C\u2019est comme \u00e7a qu\u2019un choeur peut fonctionner : comme un regard d\u00e9formant.&nbsp;<\/p>\n\n\n<p><strong><em>Mat\u00e9o Mavromatis :<\/em><\/strong><em> Restons sur le Choeur. Ce n\u2019est pas de la danse, mais presque (dans Domino il me semble qu\u2019il n\u2019y avait plus de texte). Ces corps li\u00e9s les uns aux autres, c\u2019est quelque chose de plus en plus rare dans notre soci\u00e9t\u00e9. Chacun a tendance \u00e0 \u00eatre dans sa bulle. Pour vous est-ce un moyen de cr\u00e9er, de retrouver une communion perdue, une sorte de message \u00e0 faire passer ?&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n<p>Oui, mais pas seulement moi, autour de moi je vois beaucoup d\u2019amis, d\u2019autres artistes qui cherche a cr\u00e9\u00e9e ou recr\u00e9e, ou reproduire ou reconstituer sur sc\u00e8ne des formes de liturgie, de litanie, de rituel. Je vois ce besoin de plus en plus et je l\u2019ai aussi. Et je pense que c\u2019est li\u00e9 \u00e0 \u00e7a. \u00c0 quelque chose qui nous est fondamental pour la constitution d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 et pour pouvoir nous lier \u00e0 \u00e7a, \u00e0 cet aspect m\u00e9taphysique qu\u2019on ne peut pas nier dans la vie. Un amis po\u00e8te et dramaturge Grecque avec qui on a collabor\u00e9 pour la divine com\u00e9die disais que chaque chose qui n\u2019a pas un aspect m\u00e9taphysique meurt tr\u00e8s rapidement. Donc oui on n\u2019a perdu dans nos soci\u00e9t\u00e9s l\u2019ensemble, les communions. Et on est rentr\u00e9e compl\u00e8tement dans un individualisme \u00e9videmment, mais n\u2019emp\u00eache que \u00e7a nous manque, je pense, beaucoup, et on ne sait pas o\u00f9 est ce qu\u2019on peut le trouver. Mais je pense que \u00e7a ne peut pas se nier. Qu\u2019il faut le retrouver et c\u2019est pour \u00e7a peut-\u00eatre d\u2019ailleurs que le th\u00e9\u00e2tre reste vivant et pertinent et les gens cherchent est all\u00e9e au th\u00e9\u00e2tre, toujours. C\u2019est que le spectacle vivant en g\u00e9n\u00e9ral peut proposer \u00e7a : des formes de communion o\u00f9 quelque chose d\u2019autre se passe. Ou on se concentre tous ensemble devant ou avec autre chose. Qui parle de l\u2019humain, de comment on vie ensemble, de ce qu\u2019on \u00e9prouve, de plusieurs choses comme \u00e7a qui on a voir avec l\u2019existence, le moi. On cherche \u00e0 compatir, on cherche cette catharsis, c\u2019est \u00e7a. La catharsis est li\u00e9e \u00e0 cet aspect m\u00e9taphysique. Oui m\u00eame si on est devant des formes tr\u00e8s abstraites ou s\u2019il y a plusieurs arts, plusieurs techniques, de la musique, de la danse de n\u2019importe quelle forme m\u00eame tr\u00e8s contemporaine, peuvent avoir ces moments intimes personnels qui va vers l\u2019ensemble et qui pose des questions, qui d\u00e9stabilise a chaque fois par rapport a \u00e7a, a comment on vie ensemble. Je cherche a cr\u00e9\u00e9e des moments, des exp\u00e9rience, quelque chose qui passe par le corps. Des exp\u00e9riences qui ont \u00e0 voir avec le pouvoir de tous. C\u2019est clair et net que sur sc\u00e8ne (mais aussi dans la vie) plusieurs gens ensemble ont du pouvoir, beaucoup plus de pouvoir qu\u2019un seul \u00e7a c\u2019est \u00e9vident. Donc oui je cherche \u00e7a et c\u2019est un beau moyen de raconter des histoires ou de toucher ou d\u2019\u00e9prouver quelque chose d\u2019autre. Qui d\u00e9passe ce que l\u2019on peut \u00e9prouver dans la vie quotidienne.&nbsp;<\/p>\n\n\n<p><strong><em>Mat\u00e9o Mavromatis :<\/em><\/strong><em> Vous travaillez beaucoup \u00e0 partir de micros et votre rapport \u00e0 la langue a quelque chose d\u2019unique, de presque chant\u00e9 dans La Divine Com\u00e9die. Comme une langue universelle. M\u00eame en Grecque cela nous parle, comme une transcendance du rythme \u00e0 travers la langue. Comment expliquez-vous ce rapport si particulier au mot, ou \u00e0 la langue ?&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n<p>Oui c\u2019est compl\u00e8tement li\u00e9 \u00e0 la musicalit\u00e9 et \u00e0 la chiralit\u00e9. C\u2019est-\u00e0-dire que je traite la langue avec des termes musicaux. Et pourquoi ? Parce que, tout ce dont on parl\u00e9 juste avant a avoir avec quelque chose qui ce passe sur sc\u00e8ne et qui s\u2019adresse tout d\u2019abord au sens. \u00c7a veut dire que selon moi pour pouvoir se mettre en \u00e9tat d\u2019\u00e9prouver une exp\u00e9rience qui peut devenir cathartique et donc d\u2019\u00e9prouver une exp\u00e9rience autre \u2013 disons qui fait vibrer le coeur ou le corps ou la t\u00eate \u2013 il faut trouver la fa\u00e7on de mettre notre corps et notre perception en \u00e9tat de pouvoir \u00e9prouver. Qu\u2019est-ce que \u00e7a veut dire se mettre en \u00e9tat ? Pour moi \u00e7a veut dire essayer d\u2019abord de calmer l\u2019intellect, de calmer la logique c\u00e9r\u00e9brale, de sortir de la vie de tous les jours, des habitudes qu\u2019on a tout les jours, sortir du clich\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n<p><strong><em>Mat\u00e9o Mavromatis : <\/em><\/strong><em>Sur le d\u00e9pliant vous avez \u00e9crit qu\u2019il ne fallait pas essayer de lire tous les sous-titres<\/em><\/p>\n\n\n<p>Oui \u00e7a n\u2019a pas a voir avec que le sens, mais c\u2019est comme une voie qu\u2019il faut prendre. Monter sur le train qui passe par le sens et qui calme un peu l\u2019intellect pour permettre au corps en g\u00e9n\u00e9ral d\u2019aller un peu plus en profondeur. C\u2019est-\u00e0-dire s\u2019ouvrir pour laisser la place a autre chose de venir et de changer, de basculer un petit bout de notre perception sur quelque chose ou sur le monde.&nbsp; Et c\u2019est apr\u00e8s ce processus-l\u00e0 que l\u2019intellect vient et se lie avec l\u2019essence et peut faire de \u00e7a quelque chose d\u2019important. &nbsp;<\/p>\n\n\n<p><strong><em>Mat\u00e9o Mavromatis :<\/em><\/strong><em> Pour conclure, j\u2019aimerais revenir sur votre parcours singulier. En quelque sorte vous \u00eates une compagnie europ\u00e9enne, artiste associ\u00e9e au Gymnase \u00e0 Marseille, mais \u00e9tablie en Gr\u00e8ce. Votre spectacle Phobia vous a fait voyager dans plusieurs r\u00e9sidences \u00e0 travers plusieurs pays (en Allemagne, en France, en Gr\u00e8ce). Pour autant j\u2019ai l\u2019impression que la culture grecque reste une source, une racine \u00e0 la fois pour le choix des sujets et celui des auteurs. Ce pays, qui a connu une actualit\u00e9 tr\u00e8s difficile ces derni\u00e8res ann\u00e9es, est-il une influence centrale de votre travail : la part de l\u2019ouverture (qu\u2019est-ce que changer de ville pour cr\u00e9er ?), la part des racines et celle de l\u2019actualit\u00e9?&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n<p>D\u00e8s la cr\u00e9ation de la compagnie, \u00e0 Marseille, en 2005, nous \u00e9tions trois au d\u00e9part : moi, une Fran\u00e7aise Ariane Labed qui fait beaucoup de cin\u00e9ma maintenant et une Mexicaine Naima Carbajal. Donc on venez de toute fa\u00e7on de plusieurs origines, et on avait a faire (et \u00e7a, c\u2019\u00e9tait tr\u00e8s tr\u00e8s clair pendant nos premi\u00e8res ann\u00e9es, nos premiers spectacles) a la question des diff\u00e9rentes langues : comment on communique ? Donc cette n\u00e9cessit\u00e9 de chercher des fa\u00e7ons de communiquer sur sc\u00e8ne, aussi \u00e0 travers plusieurs langues. L\u00e0 forcement le faite qu\u2019on voyageait, chose qu\u2019on voulait d\u00e8s le d\u00e9part : c\u2019\u00e9tait un d\u00e9sir pour justement laisser le monde rentr\u00e9 dans notre travail, laisser plusieurs aspects de chaque ville et \u00eatre humain. Mais toujours d\u2019une fa\u00e7on un peu indirecte. C\u2019est-\u00e0-dire : je reviens \u00e0 ce que je disais tout \u00e0 l\u2019heure, on parlait presque jamais de quelque chose de tr\u00e8s concret : le naturalisme ou r\u00e9alisme d\u2019une ville, d\u2019une personne. Mais d\u2019une fa\u00e7on indirecte, oui, \u00e7a s\u2019inscrivez sur sc\u00e8ne, les diff\u00e9rences et puis ce qui nous unie. Dans ma t\u00eate l\u2019art id\u00e9al et donc le th\u00e9\u00e2tre id\u00e9al peuvent toucher \u00e9galement n\u2019importe qui dans n\u2019importe quel pays dans l\u2019univers. Parce que justement il retient quelque chose d\u2019universel, d\u2019existentielle, qui d\u00e9passe la vie de tous les jours. Bon, mais \u00e7a, c\u2019est l\u2019id\u00e9al.&nbsp;<\/p>\n\n\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, oui, je fais un retour aux \u00e9critures d\u2019Efthimis Filippou qui a la base est un sc\u00e9nariste et c\u2019est avec lui qu\u2019on a commenc\u00e9 toute une s\u00e9rie de biographies donc d\u2019\u00e9criture comptemporaine, mais qui sont bas\u00e9e sur des faits r\u00e9els. Sur la vie d\u2019homme. Biographie ou autobiographie. Ensuite on a li\u00e9 les biographies \u00e0 plusieurs formes de rituel sur sc\u00e8ne. C\u2019est le travail qu\u2019on a commenc\u00e9 avec apologie et qu\u2019on a poursuit a Dante c\u2019est-\u00e0-dire que m\u00eame si on change compl\u00e8tement de registre de langue. Apologie et un texte d\u2019Efthimis Filippou bas\u00e9e sur des biographies de nous-m\u00eames, donc d\u2019Hommes, \u00e7a porte quand m\u00eame des traits biographiques : des dates, des m\u00e9tiers,&nbsp; mais on a amen\u00e9 sur sc\u00e8ne pour lier cette langue plus biographie de la vie de tous les jours une po\u00e9sie qui venait du chant d\u2019un choeur qui \u00e9tait pr\u00e9sent tout le long, d\u2019un autre temps. Donc l\u00e0, oui, consciemment on a essay\u00e9 de mettre ensemble deux temps compl\u00e8tement \u00e9loign\u00e9s. Pour justement faire mettre en place un passage. On avait m\u00eame une ligne rouge qui marquer le sol et all\u00e9e vers le haut de chaque mur o\u00f9 on jouer. Et c\u2019\u00e9tait \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e7a le trajet que chacun d\u2019entre nous aujourd\u2019hui doit faire vers sa pass\u00e9e, en arri\u00e8re, pour retrouver un moi plus int\u00e8gre. Ce travaille l\u00e0 on l\u2019a continu\u00e9e avec Dante dans une autre langue compl\u00e8tement, classique tr\u00e8s dense tr\u00e8s compliqu\u00e9e, mais qui reste un po\u00e8me biographique. La Divine com\u00e9die est un po\u00e8me autobiographique. Donc on a gard\u00e9 cette id\u00e9e-l\u00e0 et on l\u2019a vu autrement, par la musique pour permettre \u00e0 la langue d\u2019\u00eatre entendu. Parce qu\u2019elle est si \u00e9norme et si dense cette langue que\u2026 c\u2019est le seul moyen que j\u2019ai trouv\u00e9 dans le travail : la musicalit\u00e9 de la langue pour donner les tons et faire entendre cette langue.&nbsp;<\/p>\n\n\n<p>Mon pays et les difficult\u00e9s de mon pays, on a beaucoup parl\u00e9 de \u00e7a ces derni\u00e8res ann\u00e9es, bien s\u00fbr. On a tourn\u00e9 un peu avec nos spectacles ces derni\u00e8res ann\u00e9es, souvent dans des endroits qui organis\u00e9e des points forts Gr\u00e8ce, etc. Et donc beaucoup de gens, beaucoup de fran\u00e7ais d\u2019ailleurs, essayer de lier ce qu\u2019il voyait, le spectacle sur sc\u00e8ne, \u00e0 la crise. Et j\u2019ai eu plusieurs fois \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 des questions qui \u00e9tait li\u00e9 \u00e0 \u00e7a. \u00ab&nbsp;Comment vous en tant qu\u2019artiste vous parl\u00e9e dans vos spectacles de la crise ?&nbsp;\u00bb Et moi et d\u2019autre je r\u00e9sistais a \u00e7a toujours. Dans le sens ou bien sur il y a dans mon travail des empreintes de ma vie, et de mes racines, et de se qui est inscrit en moi que je ne connais m\u00eame pas. Et il y avait tout ce poids de l\u2019ensemble tel que je l\u2019\u00e9prouve ces derni\u00e8res ann\u00e9es en Gr\u00e8ce, mais mis en oeuvre autrement, c\u2019est-\u00e0-dire indirectement. Donc restant dans une tentative de cr\u00e9\u00e9e une po\u00e9sie sur sc\u00e8ne, de plut\u00f4t cherch\u00e9e l\u2019aspect existentiel et ne par parler de purement politique comme on peut la trouver ailleurs sous plusieurs autres formes.&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Argyro Chioti est une metteuse en sc\u00e8ne grecque, fondatrice de la compagnie de th\u00e9\u00e2tre Vasistas. Elle \u00e9tait artiste associ\u00e9e des \u00ab Th\u00e9\u00e2tres \u00bb o\u00f9 ont \u00e9t\u00e9 jou\u00e9 toutes ses derni\u00e8res cr\u00e9ations : Domino aux Bernardines en 2013 et \u00e0 la Minoterie en 2014, Sangs (Emata) au Th\u00e9\u00e2tre du Jeu de Paume en 2016, Apologies 4&amp;5 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":107,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/106"}],"collection":[{"href":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=106"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/106\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":300,"href":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/106\/revisions\/300"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/107"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=106"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=106"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=106"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}