{"id":155,"date":"2019-01-25T03:28:00","date_gmt":"2019-01-25T02:28:00","guid":{"rendered":"http:\/\/mateo.mavromatis.org\/?p=155"},"modified":"2021-11-21T16:48:42","modified_gmt":"2021-11-21T15:48:42","slug":"l-a-politique-de-la-parole-dialogue-entre-e-meirieu-et-p-p-pasolini","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/2019\/01\/25\/l-a-politique-de-la-parole-dialogue-entre-e-meirieu-et-p-p-pasolini\/","title":{"rendered":"L a politique de la parole, dialogue entre E.Meirieu et P.P.Pasolini"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/190125.jpeg\" alt=\"\" \/><\/p>\n\n<p>Ce soir-l\u00e0, le grand plateau de La Cri\u00e9e est quasiment vide. En fond de sc\u00e8ne, c\u00f4t\u00e9 cour, un micro sur pied, droit. En avant sc\u00e8ne, c\u00f4t\u00e9 jardin, une charogne de chien, \u00e9tal\u00e9e dans son sang. Tout l\u2019espace est comme pris int\u00e9gralement par une lumi\u00e8re rouge. Des nuages de fum\u00e9e rougis flottent dans cet espace et, au sol, un tapis comme entaill\u00e9, des z\u00e9brures noires et rouges. La pi\u00e8ce se r\u00e9sume en 6 t\u00e9moignages fictifs d\u2019hommes am\u00e9ricains. Les uns apr\u00e8s les autres, ils viennent t\u00e9moigner derri\u00e8re le micro de l\u2019instant qui a d\u00e9truit leur vie. Tout se passe \u00e0 ce point fixe.<br \/>\nIl est de ces moments de th\u00e9\u00e2tre dont on n\u2019attend rien et qui marquent profond\u00e9ment votre parcours. De l\u00e0 \u00e0 vouloir inscrire Emanuel Meirieu \u2013 et son dernier \u00ab Des hommes en devenir \u00bb \u2013 dans une d\u00e9marche politique, c\u2019est peut-\u00eatre d\u00e9naturer \u00e0 la fois un vrai courant du \u00ab th\u00e9\u00e2tre politique \u00bb longuement pens\u00e9 comme tel par des metteurs en sc\u00e8ne sp\u00e9cialis\u00e9s, et ce spectacle qui n\u2019a rien demand\u00e9. C\u2019est pourtant le d\u00e9fi que je nous propose de relever dans ces quelques lignes. Prendre un spectacle tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9 des codes du th\u00e9\u00e2tre politique \u2013 il ne r\u00e9pond, par exemple, \u00e0 aucune des recommandations du manifeste de Milo Rau<sup id=\"fnref1:1\"><a href=\"#fn:1\" class=\"footnote-ref\">1<\/a><\/sup> \u2013 et l\u2019\u00e9tudier par ce prisme. La lecture des textes sur le th\u00e9\u00e2tre de Pasolini ne sera pas de trop pour aiguiller notre analyse de ce spectacle.<br \/>\nPenser un th\u00e9\u00e2tre politique, c\u2019est penser la relation entre un acteur et un spectateur, ne pas reproduire un syst\u00e8me de domination, tout en gardant la distance n\u00e9cessaire pour juger et penser. Notre spectacle se pr\u00e9sente comme extr\u00eamement rigoureux dans ses codes. Le public de la Cri\u00e9e s\u2019assoit dans les fauteuils rouges num\u00e9rot\u00e9s. Dans un premier niveau d\u2019analyse, le choix du lieu, un CDN, le respect d\u2019une institution, d\u2019un public venu l\u00e0 pour se divertir, ensuite le respect d\u2019une forme : message pr\u00e9enregistr\u00e9, lumi\u00e8res qui s\u2019\u00e9teignent, silence qui se fait. <strong>Celui qui a l\u2019habitude de se scandaliser des innovations formelles et des probl\u00e8mes nouveaux a eu tort d\u2019entrer dans ce lieu : en effet nous n\u2019entendons pas le scandaliser.<sup id=\"fnref1:2\"><a href=\"#fn:2\" class=\"footnote-ref\">2<\/a><\/sup> Pardonnez les lumi\u00e8res qui s\u2019allument et s\u2019\u00e9teignent et l\u2019utilisation d\u2019instruments m\u00e9caniques : il s\u2019agit du minimum indispensable \u00e0 la forme ext\u00e9rieure du rite.<sup id=\"fnref1:3\"><a href=\"#fn:3\" class=\"footnote-ref\">3<\/a><\/sup><\/strong> Le scandale souvent se contente de changer des lignes \u00e9tablies, en cela il est le contraire m\u00eame du rite qui va reproduire un sch\u00e9ma connu de tous pour une communion, un d\u00e9passement, non des limites, mais de soi-m\u00eame. C\u2019est en se pr\u00e9sentant comme anodin, en surprenant un spectateur passif et donc r\u00e9cepteur, que Meirieu nous attrape. <strong>Les scandales ont lieu hors d\u2019ici : ici, nous accomplissons un rite th\u00e9\u00e2tral.<sup id=\"fnref1:4\"><a href=\"#fn:4\" class=\"footnote-ref\">4<\/a><\/sup> Le th\u00e9\u00e2tre est de toute fa\u00e7on, en tout cas, en tout temps et en tout lieu un RITE. S\u00e9miologiquement, le th\u00e9\u00e2tre est un syst\u00e8me de signes, lesquels signes, non symboliques, mais iconiques, vivants sont les m\u00eames que ceux de la r\u00e9alit\u00e9.<sup id=\"fnref1:5\"><a href=\"#fn:5\" class=\"footnote-ref\">5<\/a><\/sup><\/strong> Ainsi Meirieu d\u00e9bute son spectacle par une fausse annonce documentaire, en anglais \u00ab vibrate to the rythme of incredible true story of life \u00bb. Et le cadavre de chien, et l\u2019hyper r\u00e9alisme des costumes. Tout ici transpire l\u2019am\u00e9ricanisme. La chemise ouverte, le short, les lunettes, de Xavier Gallais nous font penser \u00e0l\u2019\u00e9crivain Hunter S.Thompson et \u00e0 son interpr\u00e9tation par Johnny Depp dans Las Vegas parano. Si dans le film, l\u2019auteur est triomphant dans un monde psych\u00e9d\u00e9lique avec des habits tout en couleurs, ici ce sont des teintes de gris qui pr\u00e9dominent. L\u2019\u00e9crivain de la pi\u00e8ce, au ch\u00f4mage, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, vit bien dans le monde r\u00e9el, comme s\u2019il avait r\u00eav\u00e9 d\u2019\u00eatre le nouveau Thompson, mais que la vie l\u2019avait d\u00e9lav\u00e9 de ses r\u00eaves. Les signes sont clairs, impr\u00e8gnent la r\u00e9tine, sans avoir \u00e0 y penser nous savons o\u00f9 nous sommes.<br \/>\n<strong>Pauvret\u00e9  !<sup id=\"fnref1:6\"><a href=\"#fn:6\" class=\"footnote-ref\">6<\/a><\/sup><\/strong> Il n\u2019y a aucun sensationnalisme, les d\u00e9cors sont r\u00e9duits au minimum, \u00e0 une ambiance. <strong>L\u2019espace th\u00e9\u00e2tral est dans nos t\u00eates. Vous pouvez souvent fermer les yeux : la voix et les oreilles font en effet partie du corps.<sup id=\"fnref1:7\"><a href=\"#fn:7\" class=\"footnote-ref\">7<\/a><\/sup><\/strong> D\u00e9passement de soi-m\u00eame donc, mais d\u00e9passement depuis soi-m\u00eame. La voix, les mots, s\u2019immiscent et se diffusent par vibration dans l\u2019organisme. C\u2019est l\u00e0 le pouvoir du th\u00e9\u00e2tre de la parole. <strong>L\u2019absence d\u2019action sc\u00e9nique implique naturellement la disparition presque totale de mise en sc\u00e8ne \u2013 lumi\u00e8re, sc\u00e9nographie, costumes, etc. \u2013, tout sera r\u00e9duit \u00e0 l\u2019indispensable.<sup id=\"fnref1:8\"><a href=\"#fn:8\" class=\"footnote-ref\">8<\/a><\/sup><\/strong> Non vraiment par militantisme de r\u00e9duction du co\u00fbt des spectacles \u2013 quoique \u2013 mais par besoin de se concentrer sur l\u2019essentiel, la parole. C\u2019est \u00e0 dire \u00e0 la fois la mat\u00e9rialit\u00e9 des mots \u2013 ceux aiguis\u00e9s du romancier am\u00e9ricain Bruce Machart \u2013 et la profondeur fragile des voix. L\u2019id\u00e9e qu\u2019il y ait dans cet entrem\u00ealement, mat\u00e9rialit\u00e9 sur fond d\u2019immat\u00e9rialit\u00e9, une v\u00e9rit\u00e9 qui se d\u00e9gage. <strong>Assister aux repr\u00e9sentations du \u2018\u2018th\u00e9\u00e2tre de parole\u2019\u2019 avec l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00e9couter (d\u2019entendre) plut\u00f4t que de voir (restriction n\u00e9cessaire pour mieux comprendre les paroles que vous percevez et partant, les id\u00e9es qui sont au fond, les personnages r\u00e9els de ce th\u00e9\u00e2tre).[9]<\/strong> Cette id\u00e9e de v\u00e9rit\u00e9 de la parole \u2013 \u00e9lev\u00e9 par les micros \u2013 a \u00e0 voir avec le rite, la sacralit\u00e9. Merieu l\u2019affirme : \u00ab par mes gestes de d\u00e9cor, je sais que je cherche toujours \u00e0 faire en sorte que mes th\u00e9\u00e2tres ressemblent plus \u00e0 des cath\u00e9drales ou des chapelles, pour que mes mots et mes histoires y r\u00e9sonnent.\u00bb<sup id=\"fnref1:10\"><a href=\"#fn:10\" class=\"footnote-ref\">9<\/a><\/sup> Il ne faut pas <strong>craindre la sacralit\u00e9 et les sentiments, dont le la\u00efcisme de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation a priv\u00e9 les hommes en les transformant en automates laids et stupides, adorateurs de f\u00e9tiches.<sup id=\"fnref1:11\"><a href=\"#fn:11\" class=\"footnote-ref\">10<\/a><\/sup><\/strong><br \/>\n<strong>Le th\u00e9\u00e2tre est une forme de lutte contre la culture de masse.<sup id=\"fnref1:12\"><a href=\"#fn:12\" class=\"footnote-ref\">11<\/a><\/sup> Le th\u00e9\u00e2tre n\u2019est pas un m\u00e9dium de masse. M\u00eame s\u2019il le voulait il ne pourrait pas l\u2019\u00eatre.<sup id=\"fnref1:13\"><a href=\"#fn:13\" class=\"footnote-ref\">12<\/a><\/sup> Nous ne sommes pas nombreux parce que nous sommes tous des hommes en chair et en os.<sup id=\"fnref1:14\"><a href=\"#fn:14\" class=\"footnote-ref\">13<\/a><\/sup><\/strong> On pourrait dire que tout th\u00e9\u00e2tre peut se d\u00e9finir ainsi et en particulier dans notre cas : de la transpiration aux larmes, du sang, des hommes \u00e0 vif. Mat\u00e9rialit\u00e9 des corps, immat\u00e9rialit\u00e9 des mots. L\u2019un est le garde-fou de l\u2019autre par alternance. Pasolini d\u00e9finit son th\u00e9\u00e2tre comme ce qui n\u2019est ni <strong>a) th\u00e9\u00e2tre de bavardage<\/strong> ni <strong>b) th\u00e9\u00e2tre du geste et du cri<\/strong><sup id=\"fnref1:15\"><a href=\"#fn:15\" class=\"footnote-ref\">14<\/a><\/sup>. Pourtant il n\u2019est pas question d\u2019\u00eatre ni cris ni bavardages, mais bavardages cri\u00e9s, paroles \u00e0 la puissance de gestes. C\u2019est un entre-deux, l\u2019un et l\u2019autre. Alors la parole th\u00e9\u00e2trale n\u2019est plus banale, elle transcende son statut, transforme la voix du spectateur qui peut se retrouver \u00ab sans voix \u00bb. Pasolini intime de parler, discuter, d\u00e9battre apr\u00e8s le spectacle. Non pour que le public d\u2019avant fasse part de son avis, mais pour constater ou non la transformation du spectateur, pour t\u00e9moigner d\u2019un parcours.<br \/>\nDeux phrases de Pasolini semblent s\u2019opposer : <strong>le th\u00e9\u00e2tre facile est objectivement bourgeois  ; le th\u00e9\u00e2tre difficile est pour les \u00e9lites bourgeoises cultiv\u00e9es  ; le th\u00e9\u00e2tre tr\u00e8s difficile est le seul th\u00e9\u00e2tre d\u00e9mocratique.<sup id=\"fnref1:16\"><a href=\"#fn:16\" class=\"footnote-ref\">15<\/a><\/sup><\/strong> Et :<strong> Le spectateur n\u2019est pas celui qui ne comprend pas, qui se scandalise, qui hait, qui rit ; le spectateur est celui qui comprend, qui sympathise, qui aime, qui se passionne. Ce spectateur est aussi scandaleux que l\u2019auteur : l\u2019un et l\u2019autre enfreignent l\u2019ordre de la conservation qui impose soit le silence, soit le rapport dans un langage commun et moyen.<sup id=\"fnref1:17\"><a href=\"#fn:17\" class=\"footnote-ref\">16<\/a><\/sup><\/strong> Mais la difficult\u00e9 n\u2019est pas forc\u00e9ment li\u00e9e \u00e0 la compr\u00e9hension. Plut\u00f4t au parcours, \u00e0 ce qui est demand\u00e9 au spectateur. Si certaines personnes partent des spectacles de Meirieu, ce n\u2019est pas qu\u2019ils ne comprennent pas, mais qu\u2019ils comprennent trop bien que c\u2019est trop \u00ab difficile \u00bb. Dans notre soci\u00e9t\u00e9 du divertissement, ces moments de v\u00e9rit\u00e9 sont trop rares. On y retrouve le sujet du spectacle : des citoyens de la premi\u00e8re puissance mondiale, mais faibles, bris\u00e9s, d\u00e9vast\u00e9s, loin des clich\u00e9s hollywoodiens.<br \/>\nOn peut se demander si rite et politique ne s\u2019opposent pas. L\u2019id\u00e9e que l\u2019on se fait de l\u2019un et de l\u2019autre est finalement si \u00e9loign\u00e9e. Mais tous deux cr\u00e9ent une communaut\u00e9 par le travail d\u2019individualit\u00e9. Pasolini pose le mot de culture. C\u2019est elle qui fait le lien entre rite et politique. La politique, si on revient aux racines grecques du mot, d\u00e9signe tout ce qui est relatif \u00e0 l\u2019organisation \u2013 ou \u00e0 la d\u00e9sorganisation \u2013 de la cit\u00e9. Elle nous structure, c\u2019est aussi le r\u00f4le de la culture. Malraux, pour l\u2019ouverture des maisons de la culture, donne cette d\u00e9finition : \u00ab La culture c\u2019est ce qui r\u00e9pond a l\u2019homme quand il se demande ce qu\u2019il fait sur la terre. Les artistes g\u00e9n\u00e9ralement n\u2019aiment pas ce mot de culture, ils pr\u00e9f\u00e8rent celui d\u2019art. Culture est g\u00e9n\u00e9ralement connot\u00e9 d\u2019administratif, de politique. <strong>D\u00e8s que la culture est rite, elle cesse d\u2019ob\u00e9ir aux seules normes de la raison et redevient aussi passion et myst\u00e8re.<sup id=\"fnref1:18\"><a href=\"#fn:18\" class=\"footnote-ref\">17<\/a><\/sup><\/strong> Une fois encore le rite sert de transition, de passage d\u2019un \u00e9tat \u00e0 un autre.<br \/>\n\u00ab Quel est ce spectacle de m\u00e2le blanc de plus de cinquante ans ? \u00bb a-t-on pu entendre de la bouche d\u2019une jeune \u00e9tudiante, reprenant avant l\u2019heure, une triste formule. Mais faut-il \u00eatre petit bourgeois pour consid\u00e9rer que, sur sc\u00e8ne, la diversit\u00e9 seule ne suffit \u00e0 autre chose qu\u2019une approbation de classe ? Ce spectacle ne s\u2019encombre pas des symboles politiques, mais oeuvre de par sa forme \u00e0 un transfert du spectateur, une catharsis dans tous les sens du terme. Cette catharsis moderne d\u00e9livre avec la pr\u00e9cision des mots. Acuponcture. <strong>Co\u00fbte que co\u00fbte : rigueur.<sup id=\"fnref1:19\"><a href=\"#fn:19\" class=\"footnote-ref\">18<\/a><\/sup><\/strong> Et cette forme qui va s\u2019adresser au corps et \u00e0 la passion du spectateur marquera plus en profondeur encore que si elle s\u2019adressait \u00e0 sa seule raison. Travers\u00e9e par le rite, le th\u00e9\u00e2tre prend des dimensions titanesques et nous touche en plein coeur. Tout autour est horrible. On croise des hommes pareils \u00e0 nous qui n\u2019ont rien et cr\u00e8vent d\u2019alcool sur le trottoir, on allume la t\u00e9l\u00e9vision et on regarde les malheurs de l\u2019humanit\u00e9 retransmis en direct. La tristesse vient de toutes parts mais ne nous touche plus. Notre regard est anesth\u00e9si\u00e9. Lorsqu\u2019un artiste arrive \u00e0 recr\u00e9er une communion religieuse, alors la r\u00e9volte n\u00e9e de l\u2019instant th\u00e9\u00e2tre. C\u2019est ce qu\u2019a fait Emmanuel Meirieu ce soir-l\u00e0 en nous faisant voir la plus sublime image de notre monde. Un lieu o\u00f9 nous avons tout \u00e0 perdre, mais o\u00f9 nous continuons \u00e0 vivre envers et contre tout. Ce th\u00e9\u00e2tre-l\u00e0, ind\u00e9niablement, fait vivre.<\/p>\n<div class=\"footnotes\">\n<hr \/>\n<ol>\n<li id=\"fn:1\">\n<p>Dans son spectacle Des hommes en devenir, Emmanuel Meirieu d\u00e9peint le monde, dresse un constat, celui de cinq hommes venus expi\u00e9 pour leur avenir. Il n\u2019as jamais ouvert ses r\u00e9p\u00e9tition au public toute d\u00e9roul\u00e9 dans un th\u00e9\u00e2tre, qui plus ai subventionn\u00e9 par la Drac. L\u2019auteur de ses pi\u00e8ce est toujours un romancier, ici Bruce Machart, et le spectacle se r\u00e9duit \u00e0 ses mots, tous traduit en fran\u00e7ais. La distribution rassemble St\u00e9phane Balmino, J\u00e9r\u00f4me Derre, J\u00e9r\u00f4me Kircher et Xavier Gallais, tous acteur professionnel, issus du th\u00e9\u00e2tre public et priv\u00e9e. Le spectacle n\u2019est jou\u00e9 qu\u2019en France qui n\u2019est pas en temps de guerre, entre autre dans le Centre Dramatique national de Marseille l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re. M\u00eame si la sc\u00e9nographie rentre dans le coffre d\u2019une peugo, cela ne devrait pas suffire \u00e0 sauv\u00e9 Meirieu de la damnation de Milo Rau. Cependant il nous aurait \u00e9t\u00e9 trop facile, de justifi\u00e9 l\u2019engagement d\u2019un spectacle par de tel d\u00e9tails. Pr\u00e9f\u00e9rons un choix plus pol\u00e9mique, pour parler ici de th\u00e9\u00e2tre politique.&#160;<a href=\"#fnref1:1\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:2\">\n<p>Adresses directes au public de Pier Paolo Pasolini pendant les r\u00e9p\u00e9titions d\u2019Orgie au Th\u00e9\u00e2tre municipal de Turin en 1968.&#160;<a href=\"#fnref1:2\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:3\">\n<p>Id.&#160;<a href=\"#fnref1:3\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:4\">\n<p>Id.&#160;<a href=\"#fnref1:4\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:5\">\n<p>Manifeste pour un nouveau th\u00e9\u00e2tre de Pier Paolo Pasolini&#160;<a href=\"#fnref1:5\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:6\">\n<p>Adresses directes au public de Pier Paolo Pasolini pendant les r\u00e9p\u00e9titions d\u2019Orgie au Th\u00e9\u00e2tre municipal de Turin en 1968.&#160;<a href=\"#fnref1:6\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:7\">\n<p>Id.&#160;<a href=\"#fnref1:7\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:8\">\n<p>Manifeste pour un nouveau th\u00e9\u00e2tre&#160;<a href=\"#fnref1:8\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:10\">\n<p>Cahier de cr\u00e9ation des hommes en devenir, Com\u00e9die De l\u2019Est&#160;<a href=\"#fnref1:10\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:11\">\n<p>Lettres luth\u00e9riennes : Petit trait\u00e9 p\u00e9dagogique de Pier Paolo Pasolini&#160;<a href=\"#fnref1:11\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:12\">\n<p>Adresses directes au public de Pier Paolo Pasolini pendant les r\u00e9p\u00e9titions d\u2019Orgie au Th\u00e9\u00e2tre municipal de Turin en 1968.&#160;<a href=\"#fnref1:12\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:13\">\n<p>Id.&#160;<a href=\"#fnref1:13\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:14\">\n<p>Id.&#160;<a href=\"#fnref1:14\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:15\">\n<p>Manifeste pour un nouveau th\u00e9\u00e2tre&#160;<a href=\"#fnref1:15\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:16\">\n<p>Adresses directes au public de Pier Paolo Pasolini pendant les r\u00e9p\u00e9titions d\u2019Orgie au Th\u00e9\u00e2tre municipal de Turin en 1968.&#160;<a href=\"#fnref1:16\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:17\">\n<p>[Le cin\u00e9ma impopulaire], L\u2019exp\u00e9rience h\u00e9r\u00e9tique.&#160;<a href=\"#fnref1:17\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:18\">\n<p>Adresses directes au public de Pier Paolo Pasolini pendant les r\u00e9p\u00e9titions d\u2019Orgie au Th\u00e9\u00e2tre municipal de Turin en 1968.&#160;<a href=\"#fnref1:18\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:19\">\n<p>Id.&#160;<a href=\"#fnref1:19\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce soir-l\u00e0, le grand plateau de La Cri\u00e9e est quasiment vide. En fond de sc\u00e8ne, c\u00f4t\u00e9 cour, un micro sur pied, droit. En avant sc\u00e8ne, c\u00f4t\u00e9 jardin, une charogne de chien, \u00e9tal\u00e9e dans son sang. Tout l\u2019espace est comme pris int\u00e9gralement par une lumi\u00e8re rouge. 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