{"id":178,"date":"2019-05-13T03:56:00","date_gmt":"2019-05-13T01:56:00","guid":{"rendered":"http:\/\/mateo.mavromatis.org\/?p=178"},"modified":"2021-11-21T16:54:57","modified_gmt":"2021-11-21T15:54:57","slug":"reve-folie-lexperience-dune-relation-entre-acteur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/2019\/05\/13\/reve-folie-lexperience-dune-relation-entre-acteur\/","title":{"rendered":"R\u00eave &#038; Folie \u2013 L\u2019exp\u00e9rience d\u2019une relation entre acteur"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/190513.jpeg\" alt=\"\" \/><\/p>\n\n<h2>L\u2019exp\u00e9rience<\/h2>\n<p>Jeudi 12 Octobre 2017, au th\u00e9\u00e2tre de la Minoterie \u00e0 Marseille, se joue R\u00eave et Folie, un texte de Georg Trakl, interpr\u00e9t\u00e9 par Yann Boudaud. Il est 20h et le hall du th\u00e9\u00e2tre est plein, les gens attendent, il sont curieusement silencieux. Le lieu, r\u00e9cent, construit quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t, est dot\u00e9 d\u2019un restaurant et d\u2019une biblioth\u00e8que. C\u2019est habituellement un lieu de vie, d\u2019animation mais ce soir l\u00e0, si l\u2019une des personnes pr\u00e9sentes ici se risquait \u00e0 faire du bruit, \u00e0 briser cette attente silencieuse, il serait imm\u00e9diatement repris par l\u2019un des employ\u00e9s en uniforme. Parmi la foule, un jeune gar\u00e7on attend. Lui ne vient pas voir Yann Boudaud, il ne vient pas entendre le texte de Trakl. Lui attend la confirmation que l\u2019homme dont on lui dit tant de bien, l\u2019homme qu\u2019il a choisi d\u2019\u00e9tudier sans avoir vu aucun de ses spectacles, que cet homme donc, est bien le metteur en sc\u00e8ne de spectacle qui n\u2019en est pas. Ce jeune homme attend autre chose. Ce soir, il veut vivre une \u00ab\u00a0exp\u00e9rience exceptionnelle\u00a0\u00bb. Mouvement de foule, les portes doivent \u00eatre ouvertes et c\u2019est dans le silence, \u00e0 petits pas, billet en main, que s\u2019engouffrent les spectateurs par la double porte du fond. Le jeune homme est d\u00e9pit\u00e9, il attendait devant l\u2019escalier qui sert habituellement \u00e0 entrer  dans la salle. il se dit qu\u2019il n\u2019aura pas une bonne place, se faufile pour se rapprocher de l\u2019autre porte, sort son billet, entre. Il fait noir, on le guide \u00e0 la lumi\u00e8re d\u2019une lampe de poche. Il d\u00e9couvre la sc\u00e8ne, avanc\u00e9e et sur\u00e9lev\u00e9e, grotte en mati\u00e8re grise, en ellipse. Finalement il n\u2019est pas si mal plac\u00e9, plut\u00f4t devant, plut\u00f4t \u00e0 cours (il le sait, il a fait la technique du \u00ab\u00a0Jesus-Christ\u00a0\u00bb). Il sait qu\u2019il devra faire part de cette exp\u00e9rience dans l\u2019un des nombreux dossiers qu\u2019il rendra sur le sujet. On attend, il ne se passe rien sur sc\u00e8ne, la salle reste plong\u00e9e dans l\u2019ombre. Le jeune homme observe, les gens qui toussent, ceux qui se mouchent, ceux qui bougent dans leurs chaises, qui se raclent la gorge. Il se dit que tout cela n\u2019est pas bien silencieux en fin de compte. Finalement, la lumi\u00e8re baisse plus encore. Le spectacle commence. Le jeune homme attend, c\u2019est maintenant le temps de \u00ab\u00a0l\u2019exp\u00e9rience exceptionnelle\u00a0\u00bb. Longtemps encore il ne se passe rien, puis, comme une ombre lumineuse, quelque chose apparait, fend l\u2019espace sombre. Tr\u00e8s lentement, la forme s\u2019avance. On ne distingue pas tout de suite un corps. La lumi\u00e8re joue avec notre perception, d\u2019abord un visage, presque masqu\u00e9 de lumi\u00e8re verte, une jambe, un bras. Le corps n\u2019avance pas en avant-sc\u00e8ne, il glisse, danse, se meut si lentement que peut-\u00eatre ne le voit-on pas bouger. Pourtant il se retrouve l\u00e0, en bord de sc\u00e8ne, \u00e0 la lisi\u00e8re. Et puis il y a cette voix, ce premier cri de Yann Boudaud. Comme si la langue venait d\u2019\u00eatre invent\u00e9e, un langage primitif. Le jeune homme sait cela, il connait le metteur en sc\u00e8ne, il l\u2019a lu : \u00ab\u00a0Il m&#8217;arrive tr\u00e8s souvent de dire aux acteurs \u2014 encore \u00e0 Yann Boudaud pour La Barque le soir \u2014 d&#8217;essayer de s&#8217;imaginer que la langue n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 encore invent\u00e9e, que la langue n&#8217;existe pas. Donc d&#8217;inventer comment commencer \u00e0 parler.\u00a0\u00bb. Quand on pense \u00e0 ces lignes, on ne peut s\u2019emp\u00eacher de penser au temps \u00e9coul\u00e9 entre l\u2019entr\u00e9e dans la salle de spectacle et le premier son prononc\u00e9 par l\u2019acteur. C\u2019est d\u2019abord une syllabe avant d\u2019\u00eatre un mot, puis quelques sons, mais pas encore de sens. Cette langue nouvelle a la rugosit\u00e9 et la d\u00e9tresse du cri de l\u2019enfant qui vient de na\u00eetre. Il vient autant des entrailles de la Terre que de celles de l\u2019acteur. Le cri se meut en chant, toujours roque, puissant, plaintif, \u00e9raill\u00e9, transcendant, comme devaient l\u2019\u00eatre les r\u00e9citals d\u2019Oum Kalsoum. Quand ce metteur en sc\u00e8ne parle d\u2019une langue oubli\u00e9e, on comprend qu\u2019il parle d\u2019une langue organique, une langue qui a le pouvoir de cr\u00e9er le monde en 6 jours, une langue qui n\u2019existe plus. Le jeune homme note cela dans son esprit et reporte son attention sur le corps de l\u2019acteur. Il a boug\u00e9, ses jambes sont pli\u00e9es en arc de cercle. On dirait un faune, avec ses jambes de bouc. Les lumi\u00e8res collent \u00e0 la peau de l\u2019acteur, il crie, il chante, finalement on ne comprend pas grand chose mais le jeune homme essaie de retracer un r\u00e9cit. Pas sure, quand l\u2019acteur s\u2019efface \u00e0 nouveau, qu\u2019il ait vraiment r\u00e9ussi. Il ne le confessera pas, ce ne serait pas tr\u00e8s s\u00e9rieux. Les gens applaudissent, lui peut-\u00eatre aussi, mais dans une lumi\u00e8re apparait, blanche, en fond de sc\u00e8ne, la silhouette de l\u2019acteur pour une derni\u00e8re fois. Un blanc dans le noir \u00e0 nouveau, puis sous les applaudissements, l\u2019acteur s\u2019avance et salut en penchant sa t\u00eate, lentement, puis se retire. Le jeune homme attend un peu, il grave dans son esprit toutes les r\u00e9flexions qu\u2019il s\u2019est fait. Il suit les gens qui se l\u00e8vent, sort. Il va y avoir un bord plateau, alors il attend, discute avec la dame de la billetterie : \u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait comment ?\u00bb, il sait ce qu\u2019il doit r\u00e9pondre :\u00a0\u00ab\u00a0Oh, intense et tr\u00e8s int\u00e9ressant. Mais il y a tellement de choses, il faudrait le revoir encore pour tout percevoir\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Revient demain ! Il reste des places, une classe a d\u00e9command\u00e9\u00a0\u00bb\u2026 \u00c7a, il ne s\u2019y attendait pas : \u00ab\u00a0Bah, euh, okay, \u00e7a marche\u00a0\u00bb. Et c\u2019est avec une place pour le lendemain qu\u2019il va assister au bords plateau qui n\u2019est pas au bords du plateau mais dans le hall, certainement pour maintenir le myst\u00e8re du lieu de la repr\u00e9sentation. Ce n\u2019est qu\u2019au sortir du th\u00e9\u00e2tre que notre jeune homme s\u2019avoue enfin la v\u00e9rit\u00e9. C\u2019\u00e9tait tr\u00e8s int\u00e9ressant, cela a confirm\u00e9 plein de th\u00e9ories, mais, en fin de compte, ce n\u2019\u00e9tait pas \u00ab\u00a0l\u2019exp\u00e9rience exceptionnelle&quot; qu\u2019il attendait. Il avait d\u00e9j\u00e0 ri et pleur\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre, l\u00e0, il \u00e9tait rest\u00e9 assez inerte. Le lendemain, le jeune homme cherche \u00e0 lire le texte de Georg Trakel. Il se rend \u00e0 l\u2019Alcazar, la biblioth\u00e8que municipale, o\u00f9 se trouve un vieil exemplaire des oeuvres compl\u00e8tes dans la salle des Fonds Rares et Pr\u00e9cieux. C\u2019est une salle isol\u00e9e, les demandes de livres doivent se faire par formulaire. On monte le livre de la r\u00e9serve. A la lecture, le jeune homme ne croit pas reconnaitre le texte qu\u2019il a entendu la veille. Il d\u00e9cide de photographier le livre pour pouvoir le relire un autre jour. Il ignore s\u2019il en a vraiment le droit et s\u2019ex\u00e9cute en s\u2019esp\u00e9rant discret. Plus tard, il arrive au th\u00e9\u00e2tre, rentre en silence et vient se poster devant la double porte du fond, enfile des \u00e9couteurs et attend. Il est en avance. Les porte s\u2019ouvrent, il entre, va s\u2019assoir, au centre, attend. Il sait ce qui va se passer et ne prend plus la peine de noter les pr\u00e9sences qui l\u2019entoure. Il attend et cette attente a quelque chose de m\u00e9lancolique. Elle est presque trop courte, fait partie du spectacle. D\u00e9j\u00e0 l\u2019ombre blanche, \u00ab \u00e7a allait aussi vite hier ?\u00a0\u00bb. D\u00e9j\u00e0 Boudaud qui s\u2019efface, le jeune homme n\u2019applaudit pas. Eclair blanc, applaudissements, fin. Il sort sans attendre et rentre \u00e0 pied. Alors, que c\u2019est-il pass\u00e9 ? C\u2019\u00e9tait une exp\u00e9rience physique, \u00e0 n\u2019en pas douter. Les vibrations de la voix se r\u00e9percutent en tremblements dans l\u2019oreille et dans tout le corps. Le corps est lourd sur la chaise, s\u2019enfonce, mais tr\u00e8s vite est d\u00e9poss\u00e9d\u00e9. Le th\u00e9\u00e2tre n\u2019est plus physique mais psychique. Il y a une confrontation int\u00e9rieure entre des mots qui cognent \u00e0 des images, des souvenirs. Ce n\u2019est plus une intellectualisation de ce qui a eu lieu sur sc\u00e8ne. Les images sont d\u00e9j\u00e0 en soi et le texte et la voix et le corps de l\u2019acteur vont, comme de l\u2019acuponcture, chercher, cibler un endroit qui \u00e9voque \u00e0 chacun un souvenir diff\u00e9rent. Rien n\u2019est montr\u00e9 mais tout est vu, \u00e9prouv\u00e9. Par moment, un retour \u00e0 soi et la surprise de d\u00e9couvrir son corps different de celui que l\u2019on a quitt\u00e9, tendu, ou la bouche ouverte, tordu. La fatigue et la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 pr\u00e9dominent cette avanc\u00e9e dans la nuit. Comme flottant, r\u00e9sonnent encore quelque mots, quelque cris, quelque images. Mais il sait que d\u00e9s demain, ses sensation seront oubli\u00e9es. Et le jeune homme sait que plus jamais il ne revivra \u00e7a. C\u2019\u00e9tait le dernier spectacle de ce metteur en sc\u00e8ne qui lui offrait, in extremis, la confirmation qu\u2019il attendait : Claude Regy est en qu\u00eate d\u2018\u00ab\u00a0exp\u00e9riences exceptionnelles\u00a0\u00bb. <\/p>\n<h2>D\u2019une relation entre acteurs<\/h2>\n<p>Cette double exp\u00e9rience du spectacle R\u00eave et Folies mis en sc\u00e8ne par Claude Regy, met en contradiction deux r\u00e9ceptions d\u2019un m\u00eame spectacle. La premi\u00e8re est une r\u00e9ception plus \u00ab\u00a0intellectuelle\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0analytique\u00a0\u00bb : le jeune homme a des connaissances th\u00e9oriques qu\u2019il cherche a plaquer et appliquer. C\u2019est quelque part une r\u00e9ception tr\u00e8s active du spectacle, puisqu\u2019il cherche constamment a faire dialoguer ce qui se passe sur sc\u00e8ne avec ce qu\u2019il connait ou croit connaitre.  La deuxi\u00e8me est une r\u00e9ception \u00ab\u00a0sensorielle\u00a0\u00bb. Les connaissances ne sont plus th\u00e9oriques mais \u00e9prouv\u00e9es, il connait les r\u00e8gles, il sait o\u00f9 se placer et peut ainsi se laisser aller. C\u2019est, quelque part, une r\u00e9ception nettement plus passive puisqu\u2019il se laisse transporter et, ce faisant, plus physique, sensible, multiple. Claude Regy l\u2019\u00e9crit : \u00ab\u00a0Je ressens, je crois, avec beaucoup de force, le d\u00e9sir d\u2019un th\u00e9\u00e2tre qui n\u2019en serait plus un, en ce qu\u2019il serait le lieu de toutes les pr\u00e9sences, le lieu des choses elles-m\u00eames. Faire de ces espaces clos, illimit\u00e9s, qui par chance nous restent encore : les th\u00e9\u00e2tres, des lieux du laisser \u00eatre, renon\u00e7ant \u00e0 toute forme de hi\u00e9rarchie entre pens\u00e9e, corps, objet, texte, voix. Tout est appel\u00e9 \u00e0 se maintenir en soi-m\u00eame, \u00e0 devenir ce qu\u2019il est : une chose. Ne plus percevoir le monde dans ses manifestations, c\u2019est \u00e0 dire depuis l\u2019utopie d\u2019un point id\u00e9al, qui organise toute chose, mais recevoir tout chose en elle-m\u00eame, pour elle-m\u00eame, \u00e0 partir de l\u00e0 o\u00f9 l\u2019on se tient par n\u00e9cessit\u00e9 : soi-m\u00eame. C\u2019est l\u00e0, plac\u00e9 au centre de soi-m\u00eame que tout objet, tout espace, toute pens\u00e9e, tout corps, tout \u00eatre nous devient, non pas simplement proche mais nous-m\u00eames.  Pr\u00e9sence imm\u00e9diate aux choses plac\u00e9es dans le pr\u00e9sent. On n\u2019a pas \u00e0 les chercher puisque l\u2019on baigne tous dans la m\u00eame pr\u00e9sence, si forte dans sa simplicit\u00e9 qu\u2019elle en est inaper\u00e7ue.\u00a0\u00bb<sup id=\"fnref1:1\"><a href=\"#fn:1\" class=\"footnote-ref\">1<\/a><\/sup> Ainsi met-il en garde ceux qui chercheraient quelque chose trop activement. Il faut se laisser baigner, tous, c\u2019est \u00e0 dire en groupe, en communaut\u00e9, qui fait puissance. La mise en sc\u00e8ne, modeste, n\u2019\u00e9crase pas le public. Toujours les spectateurs sont plus nombreux que les acteurs, mais la mise en sc\u00e8ne peut \u00eatre plus ou moins cloisonnante, pour contenir les foules. Ici la sc\u00e8ne est sur\u00e9lev\u00e9e pour \u00eatre \u00e0 la hauteur des si\u00e8ges, le d\u00e9cor est ouvert, il n\u2019y a pas de quatri\u00e8me mur. Le texte est adress\u00e9 directement au spectateur, le corps du com\u00e9dien orient\u00e9 vers lui, c\u2019est sa voix qui emplie l\u2019espace, mais la pr\u00e9sence est celle du collectif. L\u2019acteur, aussi seul et central soit-il, n\u2019est pas le centre d\u2019attention. Il n\u2019est que le moyen vers un but plus grand. \u00abJ\u2019essaie toujours de faire que l\u2019acteur ne prenne pas \u00e0 son compte l\u2019\u00ab\u00a0activit\u00e9\u00a0\u00bb, comme le nom d\u2019\u00abacteur\u00a0\u00bb semblerait devoir l\u2019y pousser. Je dis souvent que je pr\u00e9f\u00e8rerais qu\u2019on parle de \u00ab\u00a0passeurs\u00a0\u00bb, de gens qui font passer la substance de l\u2019\u00e9criture dans le mentale des spectateurs.\u00a0\u00bb<sup id=\"fnref1:2\"><a href=\"#fn:2\" class=\"footnote-ref\">2<\/a><\/sup>. Comme ce t\u00e9moignage le laisse pressentir, le lieu du th\u00e9\u00e2tre n\u2019est plus la sc\u00e8ne mais bien le mental, l\u2019int\u00e9riorit\u00e9 du spectateur. \u00ab\u00a0A travers les acteurs un mat\u00e9riau fluide, celui qui s\u2019\u00e9chappe des mots, circule dans l\u2019espace o\u00f9 sont inclus les spectateurs. Les acteurs n\u2019incarnent pas, et pas plus que la mise en sc\u00e8ne ils ne doivent se prendre pour l\u2019objet du spectacle. Le spectacle n\u2019a pas lieu sur la sc\u00e8ne mais dans la t\u00eate des spectateurs. Dans leur imaginaire \u2013 comme lorsqu\u2019il lisent un livre. Donc dans la salle. Les acteurs doivent exister en tant qu\u2019eux-m\u00eames.\u00a0\u00bb<sup id=\"fnref1:3\"><a href=\"#fn:3\" class=\"footnote-ref\">3<\/a><\/sup>. Etymologiquement, ce n\u2019est donc plus un spectacle \u2013 du latin specio : voir, peut-\u00eatre encore du th\u00e9\u00e2tre \u2013 du grec theasthai, non pas dans le sens de \u00ab\u00a0voir\u00a0\u00bb mais \u00ab\u00a0\u00eatre t\u00e9moins\u00a0\u00bb. Mais si ce n\u2019est plus un spectacle, qu\u2019est-ce donc ? Un autre metteur en sc\u00e8ne affirme que \u00abL\u2019espace th\u00e9\u00e2tral est dans nos t\u00eates. Vous pouvez souvent fermer les yeux\u202f: la voix et les oreilles font en effet partie du corps.\u00a0\u00bb<sup id=\"fnref1:4\"><a href=\"#fn:4\" class=\"footnote-ref\">4<\/a><\/sup>. Il s\u2019agit de P.P.Pasolini qui th\u00e9orise le th\u00e9\u00e2tre comme rite de la parole. Le rite est le contraire du th\u00e9\u00e2tre passif de regardeur, le rite n\u2019admet que des acteurs, c\u2019est-\u00e0-dire des gens actifs et participatifs. Et pourtant, tout de suite, Regy nous apporte la contradiction en rappelant que \u00ab ce travail sur la passivit\u00e9, cette fa\u00e7on de lier soi-m\u00eame pour se laisser soi-m\u00eame traverser par des forces &#8211; des forces qui viennent aussi de l\u2019\u00e9criture elle-m\u00eame et donc probablement de choses enfouies dans l\u2019inconscient &#8211; cela nous rapproche de la situation du r\u00eave \u00e9veill\u00e9. Tout se passe entre veille et sommeil. Ou plus encore dans un \u00e9tat entre la vie et la mort.\u00a0\u00bb<sup id=\"fnref1:5\"><a href=\"#fn:5\" class=\"footnote-ref\">5<\/a><\/sup>. En effet, le t\u00e9moignage s\u2019accorde sur le fait que la passivit\u00e9 est au centre du processus de communion. Le rite passe donc par d\u2019autres biais qu\u2019une participation active de ceux qui ne sont d\u00e9j\u00e0 plus des spectateurs.<\/p>\n<p>Il y a une certaine pauvret\u00e9 dans ce spectacle. Yann Boudaud ne fait rien de perceptible et c\u2019est ce qui est magique. On ne voit pas un mouvement, on n\u2019entend pas un mot. Et pourtant il bouge continuellement, il \u00e9met des sons sans cesse. Le po\u00e8me de Trakel fait six pages, la performance de Boudaud dure 1 heure. 1527 mots, 60 minutes, 25 mots par minute, ce qui laisse trois secondes pour prononcer le mot \u00ab\u00a0mort\u00a0\u00bb et pour incliner l\u00e9g\u00e8rement le poign\u00e9e. \u00ab\u00a0Co\u00fbte que co\u00fbte\u202f: rigueur.\u00a0\u00bb<sup id=\"fnref1:6\"><a href=\"#fn:6\" class=\"footnote-ref\">6<\/a><\/sup> dirait Pasolini. C\u2019est \u00e9norme, infini, on perd toute notion de temps et de r\u00e9alisme. On quitte la vie active \u2013 qui pourrait bien sembler passive, port\u00e9e par le rythme soutenu du m\u00e9tro, boulot, dodo \u2013 pour atteindre une forme de sommeil, c\u2019est \u00e0 dire une forme d\u2019ouverture passive \u2013 mais qui provoque en nous un flux actif d\u2019images, de sensations, de souvenirs et d\u2019\u00e9motions \u2013. Pasolini parle de cette \u00ab\u00a0Pauvret\u00e9\u202f!\u00a0\u00bb<sup id=\"fnref1:7\"><a href=\"#fn:7\" class=\"footnote-ref\">7<\/a><\/sup>. Il n\u2019y a aucun sensationnalisme, les d\u00e9cors sont r\u00e9duits au minimum, \u00e0 une ambiance. \u00ab\u00a0Celui qui a l\u2019habitude de se scandaliser des innovations formelles et des probl\u00e8mes nouveaux a eu tort d\u2019entrer dans ce lieu\u202f: en effet nous n\u2019entendons pas le scandaliser. [&#8230;] Pardonnez les lumi\u00e8res qui s\u2019allument et s\u2019\u00e9teignent et l\u2019utilisation d\u2019instruments m\u00e9caniques\u202f: il s\u2019agit du minimum indispensable \u00e0 la forme ext\u00e9rieure du rite.\u00a0\u00bb<sup id=\"fnref1:8\"><a href=\"#fn:8\" class=\"footnote-ref\">8<\/a><\/sup> Le scandale souvent se contente de changer des lignes \u00e9tablies, en cela il est le contraire m\u00eame du rite qui va reproduire un sch\u00e9ma connu de tous pour une communion et un d\u00e9passement, non des limites, mais de soi-m\u00eame. Ainsi, Regy reprend les exacts codes du th\u00e9\u00e2tre classique, loin des innovations du th\u00e9\u00e2tre participatif. Nous sommes baign\u00e9s dans le noir, en silence, l\u2019action est frontale, se passe sur sc\u00e8ne, il y a un texte, longuement travaill\u00e9. La connaissance minimale de ces codes n\u2019a pas suffit \u00e0 notre t\u00e9moin puisqu\u2019il a fallu une connaissance du spectacle (l\u2019entr\u00e9e, la fausse fin, le texte, la lenteur) pour qu\u2019il puisse vraiment se laisser porter. La pr\u00e9cision et les codes connus de tous semblent donc essentiels : chaque acteur sait ce qu\u2019il a \u00e0 faire et r\u00e9p\u00e8te sans forcer les \u00ab\u00a0formes ext\u00e9rieures du rite\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Certains ont eu des lieux de m\u00e9ditation, des mythes, comme formes et espaces de recueillement. Nous pouvons peut-\u00eatre avoir des lieux de th\u00e9\u00e2tre. Des lieux o\u00f9 m\u00eame si les qu\u00eates aujourd\u2019hui paraissent absurdes, vides, parce qu\u2019on a perdu l\u2019origine des mondes, on entend toujours un appel, sans savoir d\u2019o\u00f9.\u00a0\u00bb<sup id=\"fnref1:9\"><a href=\"#fn:9\" class=\"footnote-ref\">9<\/a><\/sup>. Claude Regy affirme d\u2019office un certain mysticisme, une spiritualit\u00e9 de son propos. Il semble penser que le th\u00e9\u00e2tre a la capacit\u00e9 de lier ou d\u2019atteindre quelque chose de plus grand, de plus intemporel, qui nous d\u00e9passerait. Pour Pasolini, il ne faut pas \u00ab\u00a0craindre la sacralit\u00e9 et les sentiments, dont le la\u00efcisme de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation a priv\u00e9 les hommes en les transformant en automates laids et stupides, adorateurs de f\u00e9tiches.\u00a0\u00bb<sup id=\"fnref1:10\"><a href=\"#fn:10\" class=\"footnote-ref\">10<\/a><\/sup>. Le but et le sujet se doivent d\u2019\u00eatre d\u2019ordre sup\u00e9rieur, une probl\u00e9matique anthropologique. Regy s\u2019est toujours battu pour que l\u2019on n\u2019interpr\u00e8te pas son rapport intime \u00e0 la mort comme une cons\u00e9quence de sa vieillesse, mais comme l\u2019acte politique  supr\u00eame de\u00a0son th\u00e9\u00e2tre, comme le fondement de toute d\u00e9marche artistique. En deux tr\u00e8s belles pages, il recense quelques phrases qu\u2019ont \u00e9crit sur la mort Lorca, Montaigne, Rainer, Wiliam Blake, Dante, T.S. Eliot, Emily Dickinson, Paul Klee et Sarah Kane. Il inscrit le rite dans une histoire bien plus grande que ce simple spectacle. Le but du rite est peut-\u00eatre de se reconnecter \u00e0 une histoire de l\u2019humanit\u00e9. L\u2019\u00e9nonciation r\u00e9gienne est donc excessive, pouss\u00e9e \u00e0 son paroxysme, pour amener le public dans un endroit inconfortable, surtout pas quotidien, d\u00e9finitivement extr\u00eame. \u00ab\u00a0\u00c9coute de toutes les voix des partenaires et aussi des vibrations du lieu. \u00c9couter avec toutes les oreilles qu\u2019on a sur la peau.\u00a0\u00bb On d\u00e9finit une vibration comme une oscillation rapide, une impression de tremblement, et une oscillation comme le passage d\u2019un \u00e9tat \u00e0 un autre. Le th\u00e9\u00e2tre de R\u00e9gy est fait de passages, de la vie \u00e0 la mort, de la retenue \u00e0 la folie, du monde r\u00e9el au fictif. Les voix des acteurs, ralenties au maximum, vibrent, oscillent, et, pour comprendre vraiment ce qui est dit, nous devons reproduire ce mouvement d\u2019oscillation. S\u2019avoir \u00eatre au th\u00e9\u00e2tre et dans notre monde int\u00e9rieur, \u00e9couter ce qui nous est dit et ce qui ne nous l\u2019est pas. Si le rite a pour objectif de faire advenir au commun quelque chose de mystique, il se doit de choisir un sujet complexe myst\u00e9rieux mais universel.<\/p>\n<p>La notion de relation au spectateur soul\u00e8ve d\u00e9j\u00e0 pour Jean Vilar des questions politiques. Regy se m\u00e9fie du th\u00e9\u00e2tre d\u2019ordre politique militant. Il cite souvent Heiner Muller qui disait \u00ab\u00a0Je crois que ce fut l\u2019illusion de la gauche des derni\u00e8res d\u00e9cennies, celle des intellectuels europ\u00e9ens et en particulier des gens de lettres de croire qu\u2019il pourrait et devrait y avoir une communaut\u00e9 d\u2019int\u00e9r\u00eats entre l\u2019art et la politique.\u00bb<sup id=\"fnref1:11\"><a href=\"#fn:11\" class=\"footnote-ref\">11<\/a><\/sup> Pasolini, lui, est tr\u00e8s engag\u00e9 politiquement. Il a une th\u00e9orie :\u00a0\u00ab le th\u00e9\u00e2tre facile est objectivement bourgeois\u202f; le th\u00e9\u00e2tre difficile est pour les \u00e9lites bourgeoises cultiv\u00e9es\u202f; le th\u00e9\u00e2tre tr\u00e8s difficile est le seul th\u00e9\u00e2tre d\u00e9mocratique.\u00a0\u00bb<sup id=\"fnref1:12\"><a href=\"#fn:12\" class=\"footnote-ref\">12<\/a><\/sup> Ici le th\u00e9\u00e2tre tr\u00e8s difficile est celui qui ne peut pas \u00eatre pr\u00e8-intellectualis\u00e9, qui perd toute sa valeur s\u2019il est compris \u00e0 travers un bagage de classe. On imagine ais\u00e9ment que la premi\u00e8re exp\u00e9rience du jeune homme se rapproche de cette analyse anti-d\u00e9mocratique. En fait, le th\u00e9\u00e2tre tr\u00e8s difficile met tous ses spectateurs dans un \u00e9tat d\u2019\u00e9gal d\u00e9possession. Chacun participe \u00e0 armes \u00e9gales avec sa seule pr\u00e9sence, ses seuls chairs et os. \u00ab\u00a0Le th\u00e9\u00e2tre est une forme de lutte contre la culture de masse.[\u2026] Le th\u00e9\u00e2tre n\u2019est pas un m\u00e9dium de masse. M\u00eame s\u2019il le voulait il ne pourrait pas l\u2019\u00eatre.[\u2026] Nous ne sommes pas nombreux parce que nous sommes tous des hommes en chair et en os.\u00a0\u00bb<sup id=\"fnref1:13\"><a href=\"#fn:13\" class=\"footnote-ref\">13<\/a><\/sup>. Cela Regy l\u2019accorderait, lui qui a cherch\u00e9 \u00e0 ce que ses mises en sc\u00e8nes soient jou\u00e9es dans des petits lieux pour un nombre restreint de spectateurs. Beaucoup se sont plaints quand Regy a commenc\u00e9 \u00e0 instaurer l\u2019entr\u00e9e en silence, parfois devant le th\u00e9\u00e2tre. Certains ont trouv\u00e9 la d\u00e9marche liberticide, c\u2019est peut-\u00eatre le cas. Mais peut-\u00eatre est-ce d\u2019office un message tr\u00e8s clair.  Vous \u00eates les acteurs et les participants de ce spectacle, il vous faut vous pr\u00e9parer comme le font les acteurs avant d\u2019entrer en sc\u00e8ne. Comme l\u2019intimerait Genet au Funambule : \u00ab\u00a0veille de mourir avant que d&#8217;appara\u00eetre, et qu&#8217;un mort danse sur le fil\u00a0\u00bb. Ce qui doit mourir, c\u2019est l\u2019individu social,  celui qui existe par sa diff\u00e9rence. Peut-\u00eatre est-ce une erreur d\u2019avoir trop souvent voulu, au th\u00e9\u00e2tre, renvoyer les spectateurs \u00e0 ce qu\u2019ils sont. Les faire participer pour les \u00e9veiller sur leurs conditions. Regy semble ici adopter le processus inverse : endormir les participants pour faire advenir du commun, de l\u2019\u00e9galit\u00e9, face \u00e0 des probl\u00e9matiques existentielles.<\/p>\n<p>L\u2019exp\u00e9rience exceptionnelle \u2013 puisqu\u2019en d\u00e9finitive il s\u2019agit de cela \u2013 de R\u00eave et Folie, tiendrait du rituel. Une exp\u00e9rience ou chacun, par sa pr\u00e9sence, par son \u00eatre, participe \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un moment dont il ne restera rien que des t\u00e9moins. Finir avec les mots de Pasolini et Regy : \u00ab\u00a0D\u00e8s que la culture est rite, elle cesse d\u2019ob\u00e9ir aux seules normes de la raison et redevient aussi passion et myst\u00e8re.\u00a0\u00bb<sup id=\"fnref1:14\"><a href=\"#fn:14\" class=\"footnote-ref\">14<\/a><\/sup> \u00ab\u00a0En finir avec l\u2019id\u00e9e que nous sommes des fabricant de repr\u00e9sentation, des fabricants de spectacle pour une salle de voyeur qui regarderaient un objet fini, un objet termin\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme \u00ab\u00a0beau\u00a0\u00bb et propos\u00e9 \u00e0 leur admiration.\u00a0\u00bb<sup id=\"fnref1:15\"><a href=\"#fn:15\" class=\"footnote-ref\">15<\/a><\/sup><\/p>\n<div class=\"footnotes\">\n<hr \/>\n<ol>\n<li id=\"fn:1\">\n<p>Claude R\u00e9gy, Ecrits 1991 &#8211; 2011, Edition Les solitaires intempestifs, 2016, p. 25&#160;<a href=\"#fnref1:1\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:2\">\n<p>Claude R\u00e9gy, Espace Perdus, Edition Les solitaires intempestifs, 1991, p87&#160;<a href=\"#fnref1:2\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:3\">\n<p>Claude R\u00e9gy, Espace Perdus, Edition Les solitaires intempestifs, 1991&#160;<a href=\"#fnref1:3\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:4\">\n<p>Adresses directes au public de Pier Paolo Pasolini pendant les r\u00e9p\u00e9titions d\u2019Orgie au Th\u00e9\u00e2tre municipal de Turin en 1968.&#160;<a href=\"#fnref1:4\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:5\">\n<p>Adresses directes au public de Pier Paolo Pasolini pendant les r\u00e9p\u00e9titions d\u2019Orgie au Th\u00e9\u00e2tre municipal de Turin en 1968.&#160;<a href=\"#fnref1:5\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:6\">\n<p>Adresses directes au public de Pier Paolo Pasolini pendant les r\u00e9p\u00e9titions d\u2019Orgie au Th\u00e9\u00e2tre municipal de Turin en 1968.&#160;<a href=\"#fnref1:6\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:7\">\n<p>Adresses directes au public de Pier Paolo Pasolini pendant les r\u00e9p\u00e9titions d\u2019Orgie au Th\u00e9\u00e2tre municipal de Turin en 1968.&#160;<a href=\"#fnref1:7\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:8\">\n<p>Adresses directes au public de Pier Paolo Pasolini pendant les r\u00e9p\u00e9titions d\u2019Orgie au Th\u00e9\u00e2tre municipal de Turin en 1968.&#160;<a href=\"#fnref1:8\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:9\">\n<p>Claude R\u00e9gy, Espace Perdus, Edition Les solitaires intempestifs, 1991, p29&#160;<a href=\"#fnref1:9\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:10\">\n<p>Lettres luth\u00e9riennes : Petit trait\u00e9 p\u00e9dagogique de Pier Paolo Pasolini&#160;<a href=\"#fnref1:10\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:11\">\n<p>Claude R\u00e9gy, Ecrits 1991 &#8211; 2011, Edition Les solitaires intempestifs, 2016, p179-178&#160;<a href=\"#fnref1:11\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:12\">\n<p>Adresses directes au public de Pier Paolo Pasolini pendant les r\u00e9p\u00e9titions d\u2019Orgie au Th\u00e9\u00e2tre municipal de Turin en 1968.&#160;<a href=\"#fnref1:12\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:13\">\n<p>Adresses directes au public de Pier Paolo Pasolini pendant les r\u00e9p\u00e9titions d\u2019Orgie au Th\u00e9\u00e2tre municipal de Turin en 1968.&#160;<a href=\"#fnref1:13\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:14\">\n<p>Adresses directes au public de Pier Paolo Pasolini pendant les r\u00e9p\u00e9titions d\u2019Orgie au Th\u00e9\u00e2tre municipal de Turin en 1968.&#160;<a href=\"#fnref1:14\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:15\">\n<p>Claude R\u00e9gy, Espace Perdus, Edition Les solitaires intempestifs, 1991, p114&#160;<a href=\"#fnref1:15\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n<pre><code>    <\/div><\/code><\/pre>\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019exp\u00e9rience Jeudi 12 Octobre 2017, au th\u00e9\u00e2tre de la Minoterie \u00e0 Marseille, se joue R\u00eave et Folie, un texte de Georg Trakl, interpr\u00e9t\u00e9 par Yann Boudaud. Il est 20h et le hall du th\u00e9\u00e2tre est plein, les gens attendent, il sont curieusement silencieux. 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