{"id":202,"date":"2020-03-03T04:22:00","date_gmt":"2020-03-03T03:22:00","guid":{"rendered":"http:\/\/mateo.mavromatis.org\/?p=202"},"modified":"2021-11-19T04:26:59","modified_gmt":"2021-11-19T03:26:59","slug":"linvention-de-morel-de-limage-et-du-son-experimentation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/2020\/03\/03\/linvention-de-morel-de-limage-et-du-son-experimentation\/","title":{"rendered":"L\u2019Invention de Morel, de l\u2019image et du son #Experimentation"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-video\"><video controls src=\"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/LIdMorel.mp4\"><\/video><\/figure>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><em>Cette exp\u00e9rimentation s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e dans le cadre d\u2019un atelier de pratique en espace public dirig\u00e9 par Alix Denambride et Christophe Modica. Elle n\u2019est que le fragment d\u2019une proposition plus grande con\u00e7ue \u00e0 l\u2019initiative d\u2019un groupe de 5 \u00e9tudiant.e.s dont j\u2019ai fait partie.<\/em><\/h6>\n\n\n\n<p>En 1940,<em>&nbsp;L\u2019Invention de Morel<\/em>&nbsp;de l\u2019\u00e9crivain argentin Adolfo Bioy Casares met l\u2019Homme face aux probl\u00e9matiques de l\u2019image et du son. Ici l\u2019Homme est criminel par nature, il fuit ses d\u00e9mons et trouve mirage dans l\u2019image qui le d\u00e9tourne de ses troubles. Elle le fascine jusqu\u2019\u00e0 l\u2019amour. Et le son comme funeste annonce, le cri des sir\u00e8nes, qui pousse \u00e0 tourner la t\u00eate, \u00e0 regarder, \u00e0 plonger. Une fois sous l\u2019eau ils nous est presque impossible de respirer une bouff\u00e9e d\u2019air frais, hypnotis\u00e9, on en veut toujours plus\u2026<br>Aujourd\u2019hui, 2020 et son flux d\u2019image continu confirme les craintes. Le trop plein aseptise notre perception du monde. Ici un enfant mort sur une plage, l\u00e0 une marr\u00e9e de manifestant tabass\u00e9s par les forces de l\u2019ordre, dans les rues crevant d\u2019alcool ceux que Patrick&nbsp;Declerck \u00e0 nomm\u00e9 Les naufrag\u00e9s. Noy\u00e9s nous ne voyons plus. Et le son comme funeste annonce, le cri des sir\u00e8nes, qui pousse \u00e0 tourner la t\u00eate, \u00e0 regarder la t\u00e9l\u00e9vision, la publicit\u00e9, le monde qui s\u2019effondre mais comme au loin derri\u00e8re une fen\u00eatre. \u00ab&nbsp;La v\u00e9rit\u00e9 exige le voile. Celui qui ne s\u2019en remet qu\u2019au visible saisi par ses yeux pour d\u00e9terminer la v\u00e9rit\u00e9, porte atteinte \u00e0 la nature imaginale du vrai. Il n\u2019existe pas de v\u00e9rit\u00e9 toute nue.&nbsp;\u00bb \u00c9crit Marie-Jos\u00e9 Mondzain. Ce trop plein pornographique, cette fascination morbide \u00e0 profond\u00e9ment chang\u00e9 notre perception du monde.<br>Et si, au d\u00e9tour d\u2019une proposition de Christophe Modica et Alix Denambride, il nous fallait r\u00e9fl\u00e9chir sur cette invention de Morel, que pourrions nous proposer \u00e0 quelques spectateurs ? Quel dispositif, quelle S\u00e9quence ? En lutte contre l\u2019image crue nous pourrions penser retourner contre elle son arme sonore. Il ne s\u2019agirait alors pas d\u2019illustrer mais de faire vivre, d\u2019abord par le son, la sensation d\u2019un flux au sens latin du termes,&nbsp;<em>fluxus<\/em>, l\u2019\u00e9coulement. La nostalgie d\u2019une nocturne de Chopin qui viendrait comme accrocher l\u2019oreille. La simplicit\u00e9 de ses quelques notes au piano qui serait tout \u00e0 la fois large Synth\u00e9, a\u00e9riennes clochettes et inqui\u00e9tants chants d\u2019enfant comme en opposition \u00e0 l\u2019autre flux, celui du monde ext\u00e9rieur. Ici rien de nouveau, rien d\u2019exaltant, l\u2019eau monte.<em>&nbsp;\u00ab&nbsp;Apres moi, le d\u00e9luge&nbsp;\u00bb<\/em><br>Et puis un hommes nu tremp\u00e9 et un enfants sous l\u2019escalier qui ne sont pas des images mais des pr\u00e9sences. Ils attendent, tentent peut \u00eatre une conversation qui reste peu compr\u00e9hensible. Pour eux, l\u2019homme et l\u2019enfant, quelque soient leurs histoires, c\u2019est un purgatoire. Pour les autres, spectateurs, une purge. Ensemble, serr\u00e9s dans une poign\u00e9e de m\u00e8tre carr\u00e9s, ils contemplent l\u2019inutilit\u00e9 duchampienne d\u2019un escalier qui ne m\u00e8ne a rien, d\u2019un \u00e9cran d\u2019ordinateur qui n\u2019affiche qu\u2019un logiciel de son, de quelques lumi\u00e8res abstraite.<br>Imaginons qu\u2019alors, pour combler le vide, l\u2019imaginaire de chacun se d\u00e9ploierait, remplissant tout l\u2019espace. Nous tenterions ainsi de r\u00e9aliser la pr\u00e9diction de Casares qui \u00e9crit que seul une inondation pourrait \u00e0 jamais ensevelir l\u2019invention, enrayer la machine. Tout ce que nous pourrions souhaiter c\u2019est que ces quatre minutes de temps long auront fait miroiter un autre flux possible, un autre rapport \u00e0 l\u2019image du monde.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette exp\u00e9rimentation s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e dans le cadre d\u2019un atelier de pratique en espace public dirig\u00e9 par Alix Denambride et Christophe Modica. Elle n\u2019est que le fragment d\u2019une proposition plus grande con\u00e7ue \u00e0 l\u2019initiative d\u2019un groupe de 5 \u00e9tudiant.e.s dont j\u2019ai fait partie. 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