{"id":368,"date":"2021-10-29T18:54:15","date_gmt":"2021-10-29T16:54:15","guid":{"rendered":"http:\/\/mateo.mavromatis.org\/?p=368"},"modified":"2022-08-18T23:23:09","modified_gmt":"2022-08-18T21:23:09","slug":"les-absent-e-s-des-bdthe-la-sensation-du-non-dit-critique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/2021\/10\/29\/les-absent-e-s-des-bdthe-la-sensation-du-non-dit-critique\/","title":{"rendered":"Les Absent.e.s des BdTh\u00e9, La sensation du non-dit #critique"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/247735971_2437521633059133_7213103866496027155_n-copie.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p><em>La nuit, quand revient la nuit, il y a ceux qui dorment et les autres, les insomniaques en errance, les somnambules \u00e0 l\u2019\u00e9coute des fant\u00f4mes. Entre deux fuseaux horaires, branch\u00e9s sur les programmes de nuit de la t\u00e9l\u00e9vision ils se rencontrent et tentent ensemble d\u2019\u00e9chapper aux cauchemars du sommeil.<\/em><\/p>\n<p><em>Quand revient la nuit il y a ceux, aussi, qui vont au th\u00e9\u00e2tre voir Les Absent.e.s dont les trois premi\u00e8res repr\u00e9sentations ont eu lieu au th\u00e9\u00e2tre El Duende en cette fin d\u2019octobre 2021. La pi\u00e8ce, sign\u00e9e de l\u2019autrice Ellen Huynh Thien Duc, est une mise en sc\u00e8ne collective des BdTh\u00e9, une compagnie fond\u00e9e en 2016 par six com\u00e9diens et com\u00e9diennes pr\u00f4nant une organisation d\u00e9mocratique de la compagnie et du plateau.<\/em><\/p>\n<p>La premi\u00e8re sc\u00e8ne pr\u00e9sente Julian. Son corps est l\u00e0, sur sc\u00e8ne, comme un r\u00e9sidu. Sa voix est ailleurs, dans un enregistrement, on l\u2019entend d\u00e9doubler, d\u2019abord sa voix d\u2019homme qui se rem\u00e9more un souvenir, et puis, superpos\u00e9e, sa voix d\u2019enfant, qui le raconte comme au pr\u00e9sent. D\u00e9j\u00e0 la pi\u00e8ce joue dans deux temporalit\u00e9s, brise la fronti\u00e8re du temps, du lointain, de la prescription. D\u00e9j\u00e0 elle nous pr\u00e9vient : oui Julian est un adulte, mais durant tout le spectacle c\u2019est l\u2019enfant qu\u2019il nous faudra entendre derri\u00e8re sa voix comme un double fond, une voix cach\u00e9e qu\u2019on voudrait faire taire. Ne pas entendre. Le spectacle commence \u00e0 peine, on sait d\u00e9j\u00e0 qu\u2019on va aller \u00ab loin, tr\u00e8s, tr\u00e8s, loin \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019ambiance est install\u00e9e, nappe sonore flottante, teinte bleut\u00e9e, mais tout de suite une rupture de ton, d\u2019ambiance, de th\u00e9\u00e2tre. Et chaque fois que l\u2019on croira pendant cette heure vingt comprendre les modes de jeu, chaque fois que le spectateur sera tent\u00e9 de se satisfaire de ce qu\u2019il voit, alors la pi\u00e8ce ira chercher ailleurs. Ici donc Louis, le fr\u00e8re de Julian, nous fait face avec Elena sa fianc\u00e9e. La sc\u00e8ne est leur salon, sc\u00e8ne conjugale relativement classique donc et pourtant quelque chose ne va pas... ils ne se regardent pas et parlent c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te. Il sont ensemble et en fait pas : Louis est \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, il pr\u00e9vient son fr\u00e8re que sa m\u00e8re est morte la nuit derni\u00e8re. Il est l\u00e0 et absent \u00e0 la fois. Elena, elle nous parle en adresse directe, c\u2019est la seule qui le fera, parce qu\u2019elle est l\u2019h\u00f4te, notre porte d\u2019entr\u00e9e, peut \u00eatre la seule par laquelle tout tient encore. Ce couple est \u00e0 un m\u00e8tre de distance l\u2019un de l\u2019autre et pourtant il y a comme une dissonance. Une rupture de communication, \u00e7a ne se parle pas. On ne communique pas ensemble, on utilise des interm\u00e9diaires, des subterfuges.<\/p>\n<p>La pi\u00e8ce est peupl\u00e9e de fant\u00f4mes, comme des cris lointains qui sont aussi des grincements de porte \u00e9touff\u00e9e. Comme des feux follets auditifs. D\u2019autres cris aussi \u00e0 quelque moment, vus, mais pas entendus, la bouche grande ouverte, la voix \u00e9touff\u00e9e.<\/p>\n<p>Le d\u00e9cor unique pr\u00e9sente le salon de la maison familiale, celle que Julian a fuit plus jeune apr\u00e8s avoir pouss\u00e9 sa m\u00e8re dans les escaliers, celle dans laquelle Louis vit encore avec Elena, dans laquelle ils se sont occup\u00e9s de la m\u00e8re devenue handicap\u00e9e. Les murs de la pi\u00e8ce sont d\u00e9cr\u00e9pis, la tapisserie tombe en lambeau, les murs pourrissent en profondeur. C\u2019est un foyer au bord de l\u2019effondrement et pourtant les personnages eux ne voient pas ce que nous nous voyons. \u00ab Vous avez chang\u00e9 le papier peint. \u00bb Tout prend l\u2019eau pourtant \u00ab c\u2019est \u00e9trange comme les oiseaux continus \u00e0 chanter \u00bb. On raconte que m\u00eame dans les camps de concentration, indiff\u00e9rents \u00e0 l\u2019horreur, les oiseaux chantaient, l\u00e0, indiff\u00e9rente au drame, la famille a continu\u00e9 de vivre.<\/p>\n<p>En choisissant de retourner dans la maison de sa jeunesse pour y confronter les fant\u00f4mes de son pass\u00e9, Julian empreinte le m\u00eame chemin que d\u2019illustres pr\u00e9d\u00e9cesseurs \u2013 de Louis dans Juste la fin du monde de Jean-Luc Largace \u00e0 Hiroshi le h\u00e9ros de Quartier Lointain de Jiro Taniguchi. Les Absent.e.s ne p\u00e2lit pas de la comparaison et ose le subtil m\u00e9lange de sc\u00e8nes de confrontation familiale brute et de sc\u00e8nes de confrontation onirique qui explorent et exposent les non-dits. Cette th\u00e9rapie du retour en arri\u00e8re questionne le rapport \u00e0 l\u2019h\u00e9ritage : \u00ab Entre ! C\u2019\u00e9tait ta maison, \u00e7a l\u2019est toujours. \u00bb Que faire d\u2019un h\u00e9ritage qu\u2019on refuse, mais qui peut \u00eatre et malgr\u00e9 tout nous constitue ? Peut- on reconstruire malgr\u00e9 des bases pourries ou vaut-il mieux tout d\u00e9truire et repartir sur des fondations saines ? Ces questions la pi\u00e8ce ne les pose jamais, car elle trop occup\u00e9e \u00e0 les mettre en jeu, \u00e0 en faire th\u00e9\u00e2tre. Jamais elle ne se perd en discours abstrait, tout n\u2019est que situation. Concr\u00e8te, petite, pr\u00e9cise. Dans Contre le Th\u00e9\u00e2tre Politique Olivier Neuveu parle de l\u2019importance du petit pour saisir le concret de la situation : \u00ab S\u2019attacher au \u00abPetit\u00bb [...] tente de cerner la tension qui se noue entre la n\u00e9cessit\u00e9 du d\u00e9tail et l\u2019immensit\u00e9 de ce qu\u2019il y a \u00e0 embrasser, entre le fini et l\u2019infini, l\u2019accessoire et le gigantesque, le prosa\u00efque et la d\u00e9mesure. Le \u00abPetit\u00bb, c\u2019est la contrainte du castelet, f\u00fbt-il agrandi aux mesures d\u2019un stade, d\u00e9ploy\u00e9 en pleine rue, ou rapport\u00e9 aux dimensions d\u2019un corps.\u00bb<sup id=\"fnref1:1\"><a href=\"#fn:1\" class=\"footnote-ref\">1<\/a><\/sup> Et de citer Sony Labou Tansi : \u00ab Je travaille sur le th\u00e9\u00e2tre parce qu'il est la meilleure possibilit\u00e9 de mettre les choses \u00e0 la dimension du corps, du sang, de la sueur, de l\u2019aura, du muscle qui dit sa part du monde \u00e0 voix basse ou bien \u00e0 haute voix. L'acteur est la seule occasion qui nous reste de donner la chair de poule aux choses et \u00e0 l\u2019id\u00e9e.\u00bb<sup id=\"fnref1:2\"><a href=\"#fn:2\" class=\"footnote-ref\">2<\/a><\/sup><\/p>\n<p>Et c\u2019est \u00e0 cet endroit que la pi\u00e8ce devient th\u00e9\u00e2tralement int\u00e9ressante. Parce qu\u2019elle ne se contente pas d\u2019exposer son propos ou de le faire vivre aux personnages qu\u2019elle met en sc\u00e8ne. Elle met le spectateur dans la position de celui qui \u00e9coute, mais n\u2019entend pas. Comme les personnages de la pi\u00e8ce le spectateur ne saisit pas ce qui joue, alors m\u00eame que chaque mot \u00e9crit supplie, crie sans bruit, aux d\u00e9tours d\u2019une chanson, d\u2019une discussion, des appels \u00e0 l\u2019aide. On cherche \u00e0 comprendre, on est mis dans cet \u00e9tat du bout de la langue, du presque l\u00e0 et quand \u00e7a semble venir, il se passe quelque chose, le spectacle nous attire ailleurs, nous emp\u00eache de formuler. \u00c7a retient. Et c\u2019est cette retenue qui fait sa force, sa pudeur et sa gr\u00e2ce. \u00ab Sort moi d\u2019ici. Fr\u00e8re. S\u2019il te plait. \u00bb tous les mots hurlent le drame, tous ; mais les BdTh\u00e9 ont choisi leur robe bleue paillet\u00e9e plut\u00f4t que leur tenue d\u2019enterrement. Il ont choisi que \u00e7a passe par en dessous, sans en avoir l\u2019air. Ils sont<\/p>\n<p>en adresse directe avec notre intimit\u00e9, comme deux \u00e9coutes en simultan\u00e9 du spectacle, l'une en surface fera parfois rire, parfois penser, l\u2019autre en dessous sans y para\u00eetre transperce le c\u0153ur comme une lame profond\u00e9ment ancr\u00e9e. Quand vient enfin le moment de la prise de conscience paroxystique, nous ne sommes pas surpris puisqu\u2019au fond de nous, nous savions. L\u00e0 l\u2019\u00e9criture est redoutable : tout se joue entre les mots, dans les interstices du sens, \u00e7a transforme le sujet en exp\u00e9rience.<\/p>\n<p>Pour mettre en place ce processus subtil, la pi\u00e8ce doit passer par le r\u00eave, par donc une d\u00e9formation du r\u00e9el, une mise en sc\u00e8ne. Pour que soit formul\u00e9e la v\u00e9rit\u00e9, la pi\u00e8ce doit faire th\u00e9\u00e2tre, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle prend sur elle de faire voir, de donner \u00e0 voir une certaine justesse, mais comme \u00e0 travers un miroir grossissant, d\u00e9formant. L\u2019op\u00e9ration th\u00e9\u00e2trale, semblable \u00e0 celle du r\u00eave dans la pi\u00e8ce, a cet effet presque herm\u00e9neutique de la sensation. Elle va amener Julian \u00e0 enfin dire. Et nous allons \u00eatre amen\u00e9s \u00e0 l\u2019entendre enfin. Pour Marie Jos\u00e9 Mondzin : \u00ab la v\u00e9rit\u00e9 exige le voile et que celui qui ne s\u2019en remet qu\u2019au visible saisi par ses yeux pour d\u00e9terminer la v\u00e9rit\u00e9, porte atteinte \u00e0 la nature imaginaire du vrai. Il n\u2019existe pas de v\u00e9rit\u00e9 toute nue.\u00bb<sup id=\"fnref1:3\"><a href=\"#fn:3\" class=\"footnote-ref\">3<\/a><\/sup> C\u2019est certainement pour cela que tout se joue la nuit, \u00e0 l\u2019heure des ombres, du voile d\u2019obscurit\u00e9. Julian est en lutte contre de tenaces fant\u00f4mes \u00ab Maintenant que maman est morte, elle ne nous quittera plus jamais \u00bb. C\u2019est l\u2019insidiosit\u00e9 des morts. Pour vaincre, pour s\u2019avouer, pour se lib\u00e9rer, pour vivre, Julian va devoir plonger dans le subconscient, revenir en enfance. Une fois encore chez les BdTh\u00e9 tout passe par le jeu, le travail physique de l\u2019acteur. \u00c7a se passe dans ses yeux (ceux de son p\u00e8re), dans les traits de son visage qui s'affaisse, dans les jeux d\u2019ombre et de lumi\u00e8re.<\/p>\n<p>Pour finir il nous faut \u00e9voquer rapidement la compagnie des buveurs et buveuses de Th\u00e9 et ce processus de cr\u00e9ation, si particulier en lui-m\u00eame qui suffit \u00e0 leur cr\u00e9er une identit\u00e9. Pr\u00e9cisons que trop rares sont ceux qui appliquent hors sc\u00e8ne les id\u00e9es ou th\u00e9ories plus ou moins moralisatrices qu\u2019ils ass\u00e8nent sur sc\u00e8ne \u00e0 un public souvent acquis. Et si cette pi\u00e8ce est une sensation \u2013 jamais un message, jamais une affirmation \u2013 c\u2019est celle du besoin, peut \u00eatre de l\u2019importance, de l\u2019\u00e9coute, de l\u2019attention, de la communication. Certainement ces qualit\u00e9s sont essentielles au bon d\u00e9roulement d\u2019une cr\u00e9ation collective et certainement c\u2019est parce que les BdTh\u00e9 les ont \u00e9prouv\u00e9es qu\u2019ils arrivent \u00e0 en transmettre l\u2019essence avec une intelligence et une finesse toujours au service du po\u00e9tique. Pas \u00e9tonnant alors que la figure d\u2019un metteur en sc\u00e8ne jaillissant de-ci de-l\u00e0 dans le spectacle nous apparaisse si toxique dans son d\u00e9sir obsessionnel \u00e0 ce que l\u2019acteur soit d\u00e9sirable. Eux savent que l\u2019important est ailleurs.<\/p>\n<p>Il faudra que des gens de th\u00e9\u00e2tre programment Les Absent.e.s, c\u2019est une n\u00e9cessit\u00e9 non pas parce que le spectacle est particuli\u00e8rement malin (il l\u2019est), mais parce qu\u2019on n\u2019imagine pas qu\u2019une jeune compagnie si ambitieuse dans ses propositions hors et sur sc\u00e8ne ne trouve pas de nouveau et pour longtemps la voie du plateau.<\/p>\n<div class=\"footnotes\">\n<hr \/>\n<ol>\n<li id=\"fn:1\">\n<p>Olivier Neuveu, Contre le th\u00e9\u00e2tre politique, Paris, Ed. La fabrique, 2019, p.228.&#160;<a href=\"#fnref1:1\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:2\">\n<p>S. Labou Tansi, Encre, sueur, salive et sang, avant-propos de K. Efoui, Paris, Seuil, 2015, p.86&#160;<a href=\"#fnref1:2\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"fn:3\">\n<p>Marie-Jos\u00e9 Mondzain, Le Commerce des regards, Paris, Seuil, 2003, p.45&#160;<a href=\"#fnref1:3\" rev=\"footnote\" class=\"footnote-backref\">&#8617;<\/a><\/p>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La nuit, quand revient la nuit, il y a ceux qui dorment et les autres, les insomniaques en errance, les somnambules \u00e0 l\u2019\u00e9coute des fant\u00f4mes. Entre deux fuseaux horaires, branch\u00e9s sur les programmes de nuit de la t\u00e9l\u00e9vision ils se rencontrent et tentent ensemble d\u2019\u00e9chapper aux cauchemars du sommeil. 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