{"id":664,"date":"2024-12-01T00:15:05","date_gmt":"2024-11-30T23:15:05","guid":{"rendered":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/?p=664"},"modified":"2025-05-24T00:19:27","modified_gmt":"2025-05-23T22:19:27","slug":"israel-galvan-regimes-de-presences-dun-grain-de-sable","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/2024\/12\/01\/israel-galvan-regimes-de-presences-dun-grain-de-sable\/","title":{"rendered":"Israel Galv\u00e1n, r\u00e9gimes de pr\u00e9sences d\u2019un grain de sable"},"content":{"rendered":"<p>Il s\u2019agit donc de faire le r\u00e9cit analytique d\u2019un moment de spectacle o\u00f9 j\u2019aurais \u00e9prouv\u00e9 un ou des r\u00e9gimes de pr\u00e9sence singuliers et remarquables. <\/p>\n<p>En faite, cet invitation, dont je vous remercie, m\u2019as mit face a un constat assez terrible, j\u2019ai relativement peu de souvenir marquant de spectacle de th\u00e9\u00e2tre, ils se compte en tout et pour tout sur les doigts d\u2019une main. Et si sur mon pouce se tient solidement accroch\u00e9 R\u00eave et Folie, il y a sur mon indexe le spectacle d\u2019Israel Galvan et Ni\u00f1o de Elche, Mellizo Doble que j\u2019ai vu le 9 d\u00e9cembre 2021. On a la chance d\u2019avoir un petit th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Marseille, le th\u00e9\u00e2tre des bernardines, dans les mur d\u2019une chapelle. C\u2019est un th\u00e9\u00e2tre de 120 places, avec de belle colonnes de pierre. Un lieu froid, vivant, ancien. <\/p>\n<p>D\u00e9cembre 2021, c\u2019\u00e9tait il y a 3 ans et il faut dire \u00ab\u00a0Que mon souvenir se consume\u00a0\u00bb, mais je garde pr\u00e9cieusement quelque braise \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur sur lesquel j\u2019ai souffl\u00e9 pour vous. <\/p>\n<p>Israel Galv\u00e1n est un danseur et chor\u00e9graphe espagnol de flamenco. Ni\u00f1o de Elche est musicien (chanteur et guitariste) espagnol sp\u00e9cialis\u00e9 dans la musique flamenco. <\/p>\n<p>Et donc quel serais les pr\u00e9sence \u00e0 l\u2019oeuvre dans ce spectacle ? <\/p>\n<p>Alors pr\u00e9sence d\u2019un public \u00e9videmment, une centaine de personne autours de moi. Pr\u00e9sence d\u2019un chanteur qui est aussi un danseur, qui manipule des objets avec soins et qui est un acteur, Ni\u00f1o de Elche. Pr\u00e9sence d\u2019un danseur, qui est un percussionniste, qui est un acteur lui aussi, Israel Galv\u00e1n. Pr\u00e9sence de lumi\u00e8re, celle du spectacle, de son ext\u00e9rieur au th\u00e9\u00e2tre, int\u00e9rieur \u00e0 la salle. Pr\u00e9sences dans tout les sens. Impossible d\u2019y voir clair. <\/p>\n<p>Je vous propose donc de recentr\u00e9e notre propos sur la pr\u00e9sence d\u2019un grain de sable qui se trouvais ce soir l\u00e0 en avant sc\u00e8ne. Un grain de sable qui n\u2019\u00e9tait pas seul, il y avait en fait un petit tas de sable dispos\u00e9e en avant sc\u00e8nes. Mais concentrons nous sur l\u2019un de ces grain \u00ab dont la blancheur est minuscule\u00a0\u00bb. Notre grain. Bon, si je doit \u00eatre tout as fait honn\u00eate il s\u2019agissait peut \u00eatre plus de tout petit gravillon. Mais r\u00e9gime de pr\u00e9sence d\u2019un tout petit gravillon \u00e7a sonn\u00e9 moins bien comme titre donc je vais continuez a parler de grain. <\/p>\n<p>Pendant toute une premi\u00e8re parti de ce spectacle notre grain attend et se charge de notre attention. La sc\u00e8nes est assez vide, il y a deux chaise, un plateau de bois circulaire, un cube en bois, plusieurs dispositif de captation du son au sol \u2013 de la vibration de la sc\u00e8ne \u2013 et le petit tas de sable avec notre grain. Un a un les \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9sent sur sc\u00e8ne prenne son, danse, joue avec les deux artiste. Et notre grain attend, nous savons qu\u2019il est l\u00e0, nous l\u2019avons rep\u00e9r\u00e9. Et pendant longtemps on attend que servent ce tas de sable. <\/p>\n<p>C\u2019est une attention particuli\u00e8re que je porte en tant que spectateur \u00e0 la d\u00e9coupe du temps au th\u00e9\u00e2tre. Quand c\u2019est une lecture je jauge le nombre de page qui reste dispos\u00e9e sur le pupitre, quand c\u2019est un spectacle je compte combien d\u2019\u00e9l\u00e9ment pr\u00e9sent sur sc\u00e8ne n\u2019on pas encore servi. Je vois combien de temps est ce qu\u2019il reste. Quand je m\u2019ennuie \u00e7a m\u2019aide ou non \u00e0 relativiser. Quand je vis un moment aussi intense que ce soir de d\u00e9cembre 2021, au th\u00e9\u00e2tre des Bernardines de Marseille, je redoute le moment o\u00f9 servira le derni\u00e8re \u00e9l\u00e9ment. Le tas de sables. Je le redoute et je l\u2019attend. <\/p>\n<p>\u00c7a y est, la lumi\u00e8re s\u2019eteint, une douche \u00e9claire a peine le visage du chanteur, une autre le petit tas de sable et les jambe d\u2019Israel Galvan, qui s\u2019avance.  <\/p>\n<p>Ni\u00f1o de Elche chante, Israel Galv\u00e1n met le sable en mouvement de la pointe de son pieds, le grain craque, roule. Israel Galv\u00e1n frappe le sol de son talon, le grain s\u2019envole et retombe. <\/p>\n<p>Il faut not\u00e9 ici comme la contemporan\u00e9it\u00e9 du dispositif se met au service de l\u2019art ancien du flamenco.<br \/>\nLa lumi\u00e8re des projecteur du th\u00e9\u00e2tre est pr\u00e9cise et met en \u00e9vidence ce qui est pourtant toujours pr\u00e9sent dans cette danse: la r\u00e9ponse du sol. La lumi\u00e8re est blanche comme la lune et teinte le nuage de sable qui s\u2019envole. Au coup net, sec d\u2019Israel Galvan, le sol lui r\u00e9pond avec la diffusion lente a\u00e9rienne anarchiste du nuage. \u00ab\u00a0La lune luit de part en part. \/ Un cheval de nuages calmes\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>Plus tard dans sa danse avec le sable, un projecteur \u00e9clairera l\u2019exact moiti\u00e9 du visage d\u2019Israel Galvan, sculptera son nez sa bouche. D\u2019un mouvement de t\u00eate il peu passer de l\u2019ombre \u00e0 la lumi\u00e8re. Chacun de ses geste sont choisie, signifiant et mit en lumi\u00e8re comme tel. \u00ab\u00a0Il cherche son profil pr\u00e9cis, mais le songe le fait errer. Il cherchait son corps sans d\u00e9faut\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais surtout la captation du son est minutieuse. Le micro ne soustrait pas la puissance de l\u2019acteur. Le chanteur par exemple n\u2019est pas microt\u00e9 il n\u2019en a pas besoin, il chante puissamment. Par contre le syst\u00e8me de captation du son vient pr\u00e9cis\u00e9e le geste du danseur, il l\u2019oblige a une plus grande attention de chaque geste. Il rend audible la puissance du coup et la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 de la r\u00e9ponse du sable. <\/p>\n<p>On entend ce grain. Proche de nous dans l\u2019oreille et quelque chose se joue dans la confrontation entre la virtuosit\u00e9 technique du son et de la danse rythmique et la modestie de se craquement. <\/p>\n<p>Sur se petit cercle de sol c\u2019est toute l\u2019aridit\u00e9 de l\u2019Espagne sur lequel se dresse les Taureaux de Guisando. Les Taureaux de Guisando sont un groupe de quatre statues zoomorphes de granit, datant des iiie et iie\u00a0si\u00e8cles av. J.-C., situ\u00e9 \u00e0 El Tiemblo, \u00e0 l'ouest de Madrid. \u00ab\u00a0les taureaux de Guisando, moiti\u00e9 de mort et de pierre\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>Ce grain de sable c\u2019est la d\u00e9composition de toutes chose. La pierre la plus dure finira r\u00e9duite au pieds d\u2019Israel Galvan. A l\u2019echelle de notre grain de sable il est un g\u00e9ant. Mais aussi brutal, sec soit il, il contr\u00f4le sa force, tout en retenu, parce que notre \u00e9coute et notre regards sont au niveau de ce grain. <\/p>\n<p>Ainsi le danseur lui aussi d\u00e9compose son mouvement, il n\u2019est pas pris dans la fr\u00e9n\u00e9sie du flamenco qui a d\u00e9j\u00e0 gagn\u00e9 son corps pr\u00e9c\u00e9demment dans le spectacle. Ici ses geste sont grave, pr\u00e9cis. Son corps se d\u00e9compose par la danse et laisse une trace. <\/p>\n<p>A mesure qu\u2019Israel Galvan danse le tas de sable s\u2019\u00e9tale, se d\u00e9compose sur le sol et dessine un motif abstrait. C\u2019est \u00ab\u00a0sa prudence dessin\u00e9e\u00a0\u00bb. Le sable existe visuellement, dans l\u2019air et sur le sol. Il laisse une empreinte de son passage.<\/p>\n<p>Si pour moi, le th\u00e9\u00e2tre est l\u2019art des pr\u00e9sences, ce n\u2019est pas temps qu\u2019il se joue en pr\u00e9sence, mais par cette capacit\u00e9 qu\u2019il a \u00e0 nous rendre pr\u00e9sent l\u2019invisible. Si l\u2019acteur est en pr\u00e9sence ce n\u2019est que pour convoqu\u00e9e des pr\u00e9sence de toutes ordres. <\/p>\n<p>Israel Galv\u00e1n le dit \u00ab\u00a0D'une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, tous mes spectacles ont en commun ce lien avec la mort.\u00a0\u00bb Lui dont l\u2019une des images les plus marquante reste sa danse dans un cercueil. Ici encore quelque chose de la mort anime Israel Galv\u00e1n dans sa danse du sable. \u00ab\u00a0toute sa mort est sur son dos\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Dans, Le danseur des solitudes, le livre qu\u2019il consacre \u00e0 Israel Galv\u00e1n, Georges Didi-Huberman parle du remate. Une notion essentiel \u00e0 l\u2019art du flamenco : <\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Il ne montre pas ce qu\u2019il sait faire, il fait juste surgir, aux moments impensables, les \u00e9clats de sa science corporelle immense et de sa si myst\u00e9rieuse \u00e9nergie psychique. Moyennant quoi, il montre surtout comment il cesse de faire, ce dont l\u2019art flamenco poss\u00e8de d\u2019ailleurs le concept technique fondamental sous le terme de remate [\u2026] L\u2019\u00e9clat, ici, sert \u00e0 ce que tout cesse d\u2019un coup. Le corps garde sa r\u00e9serve jusqu\u2019au point o\u00f9 explose la d\u00e9mesure\u00a0\u2013\u00a0moment d\u2019\u00e9blouissement rythmique\u00a0\u2013, mais la d\u00e9mesure elle-m\u00eame ne se forme, ne se d\u00e9veloppe, ne se chantourne sur elle-m\u00eame, comme un ornement architectural, que pour, subitement, laisser \u00eatre l\u2019arri\u00e8re-fond, l\u2019espace, l\u2019absence, le silence, le retrait du danseur dans l\u2019obscurit\u00e9. Galv\u00e1n ne cr\u00e9e des \u00ab\u00a0formules de pathos\u00a0\u00bb qu\u2019\u00e0 cr\u00e9er entre elles des intervalles, des arr\u00eats, des effets de montage et de suspension rarement atteints dans cet art.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le remate c\u2019est se moment de cr\u00e9ation dans et par la n\u00e9gation, dans le contre coup de l\u2019action. Nous \u00e9voquions le nuages de poussi\u00e8re, la r\u00e9ponse du sol, mais cela va au del\u00e0. La vibration de notre grain de sable cr\u00e9e se passage entre l\u2019appel au sol du pied d\u2019Israel Galv\u00e0n et la r\u00e9ponse silencieuse du sol na\u00eet de la d\u00e9composition. On entendrais presque le grain de voix du sol. Cette cr\u00e9ations par le vide, c\u2019est quelque chose que l\u2019on entend que dans le silence, qui n\u2019est pas l\u2019absence de bruit mais l\u2019\u00e9coute d\u2019autre chose : \u00ab\u00a0Ce fut un chant de voix secr\u00e8tes\u00a0\u00bb. Ce chant de voix secr\u00e8te c\u2019est en d\u00e9finitive ce que le travail d\u2019Israel Galv\u00e0n nous rend pr\u00e9sent. <\/p>\n<p>Petite parenth\u00e8se mais cela pointe du doigt l\u2019horreur que repr\u00e9sente les applaudissement. Qui \u00e9broue, a\u00e8re, chasse toutes possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9coute de l\u2019in-ou\u00ef. Applaudir au moment o\u00f9 le danseur virtuose marque un arr\u00eat dans sa danse c\u2019est d\u00e9tourn\u00e9 le regard au moment m\u00eame o\u00f9 il ne faudrais surtout pas fermer les yeux.  <\/p>\n<p>Au moment o\u00f9 tout ce r\u00e9v\u00e8le, o\u00f9 notre grain de sable devient un monde, celui des jeux d\u2019enfant \u2013 puisque Israel Galv\u00e1n jouera avec un petit r\u00e2teau en plastique plus tard \u2013, celui pi\u00e9tin\u00e9e par le taureau dans l\u2019ar\u00e8ne et qui \u00ab\u00a0Rencontre mille pieds fendus\u00a0\u00bb, celui recouvert du sang Ignacio S\u00e1nchez Mej\u00edas, le matador espagnol  qui m\u00e9pris\u00e9 le danger et auquel Federico Garcia Lorca rendra hommage dans son c\u00e9l\u00e8bre po\u00e8me Le sang rependu<\/p>\n<p>Et je vous propose de finir par une lecture de ce po\u00e8me qui donne un \u00e9clairage tout particulier a cette danse du sable que je garde en m\u00e9moire.<\/p>\n<p>Le sang, je ne veux pas le voir!<\/p>\n<p>Dis \u00e0 la lune qu\u2019elle vienne,<br \/>\nQue je ne veux pas voir le sang<br \/>\nd\u2019Ignacio couler dans l\u2019ar\u00e8ne<br \/>\n\u00a0<br \/>\nLe sang, je ne veux pas le voir!<br \/>\n\u00a0<br \/>\nLa lune luit de part en part.<br \/>\nUn cheval de nuages calmes<br \/>\net la place grise du songe<br \/>\navec des saules aux barri\u00e8res.<br \/>\n\u00a0<br \/>\nLe sang, je ne veux pas le voir!<br \/>\nQue mon souvenir se consume.<br \/>\nAllez avertir les jasmins<br \/>\ndont la blancheur est minuscule.<br \/>\n\u00a0<br \/>\nLe sang, je ne veux pas le voir!<br \/>\n\u00a0<br \/>\nLa vache de l\u2019ancien monde<br \/>\nL\u00e9chait de sa langue triste<br \/>\nune gueule pleine de sang<br \/>\nr\u00e9pandu parmi l\u2019ar\u00e8ne,<br \/>\n\u00a0<br \/>\net les taureaux de Guisando,<br \/>\nmoiti\u00e9 de mort et de pierre,<br \/>\nmugirent comme deux si\u00e8cles<br \/>\nfatigu\u00e9s de fouler la terre<br \/>\n\u00a0<br \/>\nNon.<br \/>\nLe sang, je ne veux pas le voir!<br \/>\n\u00a0<br \/>\nPar les degr\u00e9s Ignacio monte,<br \/>\ntoute sa mort est sur son dos,<br \/>\nIl est en qu\u00eate de l\u2019aurore<br \/>\nmais l\u2019aurore n\u2019\u00e9tait pas l\u00e0.<br \/>\n\u00a0<br \/>\nIl cherche son profil pr\u00e9cis<br \/>\nmais le songe le fait errer.<br \/>\nIl cherchait son corps sans d\u00e9faut<br \/>\net rencontra son sang ouvert.<\/p>\n<p>Ne me dites pas de le voir !<br \/>\nJe ne veux pas sentir le jet<br \/>\nchaque fois avec moins de force,<br \/>\nce jet qui de sang illumine<br \/>\nles \u00e9chafauds et qui tombe<br \/>\nsur le velours et le cuir<br \/>\ndes multitudes alt\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n<p>Qui me crie que j\u2019apparaisse?<br \/>\nNe me dites pas de le voir!<br \/>\n\u00a0<br \/>\nSes yeux ne se ferm\u00e8rent pas<br \/>\nquand il vit s\u2019approcher les cornes<br \/>\ncependant les m\u00e8res terribles<br \/>\nlev\u00e8rent aussit\u00f4t la t\u00eate.<\/p>\n<p>A travers les ganaderias<br \/>\nCe fut un chant de voix secr\u00e8tes :<br \/>\ndes bergers de nuage p\u00e2le<br \/>\nconduisaient des taureaux c\u00e9lestes.<br \/>\n\u00a0<br \/>\nIl n\u2019y eut prince dans S\u00e9ville<br \/>\nque l\u2019on put lui comparer,<br \/>\nni \u00e9p\u00e9e comme son \u00e9p\u00e9e,<br \/>\nni coeur qui f\u00fbt aussi vrai.<br \/>\n\u00a0<br \/>\nComme un fleuve de lions<br \/>\nsa force \u00e9tait merveilleuse,<br \/>\net comme un torse de marbre<br \/>\nsa prudence dessin\u00e9e.<br \/>\n\u00a0<br \/>\nUn air de Rome andalouse<br \/>\naur\u00e9olait sa figure<br \/>\no\u00f9 son rire \u00e9tait un nard<br \/>\nde sel et d\u2019intelligence<br \/>\n\u00a0<br \/>\nQuel tor\u00e9ador dans l\u2019ar\u00e8ne!<br \/>\nQuel montagnard dans la montagne!<br \/>\nQu\u2019il \u00e9tait doux avec les bl\u00e9s<br \/>\net dur avec les \u00e9perons!<br \/>\n\u00a0<br \/>\nEt tendre avec la ros\u00e9e!<br \/>\n\u00e9blouissant dans les foires,<br \/>\nredoutable avec les ultimes<br \/>\nbanderilles des t\u00e9n\u00e8bre.<br \/>\n\u00a0<br \/>\nMais d\u00e9j\u00e0, pour jamais, il dort<br \/>\nD\u00e9j\u00e0 la mousse et les herbes<br \/>\nouvrent avec leurs doigts s\u00fbrs<br \/>\nla fleur de sa t\u00eate de mort.<br \/>\n\u00a0<br \/>\nD\u00e9j\u00e0 son sang vient chanter<br \/>\n\u00e0 travers \u00e9tangs et prairies,<br \/>\nglisse sur des cornes transies,<br \/>\nvacille, sans \u00e2me, en la nue,<br \/>\n\u00a0<br \/>\nrencontre mille pieds fendus,<br \/>\ncomme une large, obscure et triste langue,<br \/>\npour former une flaque d\u2019agonie<br \/>\ncontre le Guadalquivir des \u00e9toiles.<br \/>\n\u00a0<br \/>\nO murs blancs de l\u2019Espagne!<br \/>\net taureau noir de peine!<br \/>\nO le sang dur d\u2019Ignacio<br \/>\nEt le rossignol de ses veines!<br \/>\n\u00a0<br \/>\nNon.<br \/>\nLe sang, je ne veux pas le voir!<br \/>\n\u00a0<br \/>\nQu\u2019il n\u2019y ait pas de calice qui le contienne,<br \/>\nni d\u2019hirondelle qui le boive,<br \/>\nni givre de lumi\u00e8re qui le refroidisse,<br \/>\nni chant ni d\u00e9luge de lis.<br \/>\nIl n\u2019est pas de cristal qui le couvre d\u2019argent.<br \/>\n\u00a0<br \/>\nNon,<br \/>\nLe sang, je ne veux pas le voir!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il s\u2019agit donc de faire le r\u00e9cit analytique d\u2019un moment de spectacle o\u00f9 j\u2019aurais \u00e9prouv\u00e9 un ou des r\u00e9gimes de pr\u00e9sence singuliers et remarquables. En faite, cet invitation, dont je vous remercie, m\u2019as mit face a un constat assez terrible, j\u2019ai relativement peu de souvenir marquant de spectacle de th\u00e9\u00e2tre, ils se compte en tout [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":667,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/664"}],"collection":[{"href":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=664"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/664\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":666,"href":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/664\/revisions\/666"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/667"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=664"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=664"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mateo.mavromatis.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=664"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}